vendredi 7 mars 2008

Lille - Aubry dans le ciel lillois



Cet après-midi, à deux jours du scrutin, le PS avait organisé un lâcher de ballons. Des ballons bleus, couleur de Martine Aubry et de sa liste. Une centaine de sympathisants socialistes, écharpes bleues au cou, étaient réunis sur la place du marché de Wazemmes pour assister à ce dernier moment de campagne.


Pour Zohra, “militante acharnée” depuis 20 ans, ce lâcher de ballon représente “la liberté”. La couleur bleue ? “L’espoir, la diversité, l’avenir et le développement.” Un hommage au travail accompli, mais surtout un ultime geste de communication. “Martine dans tout Lille. Vous vous imaginez ? Vous êtes sur votre balcon, et hop, votre enfant attrape ce ballon dans ses mains. C’est un symbole très poétique”, explique Sébastien Duhem, colistier de Martine Aubry. Cette dernière est accueillie en fanfare, accompagnée d’un Pierre Mauroy qui prend le micro : “Ma chère Martine, ces ballons sont au nombre de 2 000, le nombre de jours de ton premier mandat.” Elle lui répond : “Si on arrive dimanche à mettre beaucoup de bleu au ciel, c’est grâce à vous tous.” Et les sympathisants d’enchaîner sur un enthousiaste: “On va gagner!


Isabelle Hanne


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Lille - Les Verts incisifs dans le débat métropolitain


"C'est un scandale démocratique. Les gens désignent des élus, qui choisissent eux-mêmes d'autres élus, qui ne rendent aucun compte aux électeurs. Dès lors, ils sont amenés à faire n'importe quoi, comme le projet de grand stade. " Eric Quiquet est acerbe lorsqu'il s'attaque au dossier qui a concentré les critiques des Verts lors de la campagne municipale à Lille. Durant le meeting de fin de campagne du 4 mars, la tête de liste écologiste a encore une fois rappelé que les élections de ce week-end devaient se lire à deux niveaux. Celui de la mairie bien sûr, mais aussi celui de la communauté urbaine de Lille.


Et c'est bien à ce second niveau que s'est décidé le choix du projet d’Eiffage. Un projet à 700 millions d'euros, qui a soulevé les critiques en raison de son ampleur financière. Une critique à laquelle se sont rapidement joint les élus Verts. Ils stigmatisent par exemple la redevance de 14,2 millions d’euros que la communauté urbaine pourrait verser pendant 31 ans au constructeur. En toute logique puisque les huit conseillers écolos de la communauté urbaine, dont 6 représentant Lille, n'ont pas pris part au vote consacrant le projet. Pour eux, la question est simple. Elle s'affiche d'ailleurs sur les murs. 700 millions d'euros pour un grand stade ou 20 000 logements sociaux, un réseau de tramway, 5 000 vélos en libre-service et 3 piscines? La question reste posée. Si le choix du projet a été voté le 1er février, son financement devra attendre le renouvellement du conseil communautaire.


Un programme pour la communauté
Ce dossier du gr
and stade est surtout le symbole d'une LMCU qui prend le pas sur les communes en terme de compétences et de moyens. Pour exemple, le budget de la communauté urbaine dépasse en 2008 le milliard et demi d'euros, alors que le budget de la ville de Lille tourne autour de 340 millions d'euros. Une prépondérance qui justifie d'autant moins, pour Eric Quiquet, l'opacité autour des enjeux de la communauté.

C'est dans cette optique que les Verts ont lancé dès le 9 février le manifeste pour une métropole durable et solidaire. Un manifeste assimilable à un programme de liste. La démarche est originale. Et fédératrice. " Tous les Verts du Nord-Pas-de-Calais sont d'accord avec le manifeste, que ce soit les listes vertes et ouvertes... " Car tous les Verts ne sont pas sur des listes autonomes. Ceux de Tourcoing sont associés à une grande coalition de gauche conduite par le socialiste Michel-François Delannoy. Pour rappel, les conseillers PS ont voté en faveur du grand stade. Comment les Verts peuvent-ils faire peser leurs voix dans le cadre d'une telle coalition?

La question se pose aussi pour les Verts de Lille. Eric Quiquet se défend d’avoir pour seule possibilité un désistement au second tour au profit de Martine Aubry. " Ça dépendra de la qualité de l’accord. " Qui sera lui même dépendant du score des Verts au premier tour. " Plus de voix, c’est plus de poids ", résume Eric Quiquet. Il espère récolter plus de 15,5 % des suffrages exprimés, soit plus que son score aux municipales de 2001. Un résultat qui permettrait aux Verts de se maintenir en vue du deuxième tour. Et surtout d’aborder sans faiblesse les négociations de l’entre-deux tours avec les socialistes, stade y compris.

Joseph BANCAUD



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Tu vE voT pr moi ?

“Speed dating à Lille, mardi 4 mars, 17h30-20h…”
Contrairement à ce qu’on pourrait penser, cette annonce ne provient pas d’une énième agence matrimoniale. Visible dans les agendas des candidats aux élections municipales, elle est devenue la spécialité de certains partis politiques.
Objectif: conquérir les cœurs des “électeurs libres”, ceux qui n’ont pas encore fait leur choix. Les nouvelles technologies sont incontestablement en train de révolutionner le monde politique français.


Quelques électeurs réunis en cercle autour d’un ou plusieurs candidats. Voilà ainsi posé le décor type d’un “speed dating”. Le coup d’envoi est donné tel celui d’une course athlétique. Le débat peut à ce moment-là commencer.
Le principe du speed dating a été calqué sur le modèle des rencontres rapides entre célibataires en quête de l’âme-soeur. Les candidats répondent aux interrogations des électeurs sur leurs programmes.

Elle semble bien loin l’époque des interminables meetings et autres conférences durant lesquels les candidats exposaient leur programme et répondaient à des questions préparées à l’avance. Ici, le temps leur est compté; la spontanéité, de rigueur. Il faut en effet convaincre et vite. Peu de place est laissée à l’improvisation.

Cette histoire d’amour à la sauce politique est plutôt du goût des électeurs. Marie, 23 ans, habitante de Lille, y voit un “moyen efficace de déceler le vrai du faux et de départager candidats sérieux et rigolos”.

Plus de proximité pour mieux convaincre
Dans la panoplie du candidat branché nouvelles technologies, il y a aussi le “chat” et, bien-sûr, le SMS. Les partis disent vouloir ainsi briser les barrières entre candidats et électeurs. Mais au-delà de ce désir avoué s’en cache un autre: toucher le plus de monde le plus rapidement possible. Etienne Forest, candidat social démocrate aux municipales à Lille affirme dans cette optique : “On sera partout et tout le temps.” Et pour ça, quoi de meilleur qu’Internet et le téléphone portable?
L’agenda politique des candidats est communiqué directement aux électeurs par SMS. Exemple: ce soir vendredi, café politique, 3 rue de Gand, le Django 18h30-20h30. Le SMS est signé Etienne et Rachida, de la liste sociale démocrate à Lille.
D’autres candidats rencontreront leurs électeurs sur la toile pour des débats “on-line”.

Campagne électorale terminée, élection passée, vous recevrez peut être un nouveau SMS. Pour vous annoncer le nom de votre nouveau maire et, pourquoi pas, vous inviter à fêter sa victoire... du moins, s’il est l’élu de votre cœur.

Marilyne Gandekpinzoun


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Roubaix-Tous mes tracts finissent par terre…


Vendredi après-midi juste avant le premier tour, au marché de l'Hommelet à Roubaix. Derniers tracts et dernière chance pour Yann Merlevede, le candidat LCR, pour se faire connaître.

J'suis Roubaisien mon pote! ” Le candidat "Vraiment à gauche" se défend comme il peut face aux railleries d'un marchand de légumes. Il a beau être né à Roubaix il y a trente-deux ans, ici, on ne le connaît pas. Pas étonnant, sur son affiche, ils sont huit et on les distingue mal. Qu’importe, Yann Merlevede veut croire que “sa botte secrète, c'est un visage différent” : le fait qu'il ait un travail, qu'il soit du cru et qu'il soit jeune. Il le dit comme s'il récitait un slogan, mais son combat est ailleurs, résumé sur ses affiches: "la lutte contre Sarkozy", "un Roubaix et des élus solidaires". La tête de liste LCR n'arrive pas à fourguer ses tracts aux badauds. Il passe son chemin dans un grand éclat de rire. On dirait un touriste venu mettre le nez dans les épices. Curieux, sympathique, décalé.

Bricolage entre amis
Une affiche jaune? C'est “parce que c'est le papier le moins cher”, rigole-t-il. La LCR Roubaix-Tourcoing n'a pas de “fond de soutien“. Au niveau national, le parti finance les affiches, les bulletins de vote et les professions de foi. Pour les tracts, c'est Yann Merlevede qui a avancé l'argent: “200-300 euros”. “Il n'y a que l'achat du papier puisque que le parti a fait
don d'une machine pour l'impression.” Son colistier, Patrick Mortal, le “loup rouge de Roubaix” qui l'accompagne, donne aussi dans l’artisanal. Il coince avec un élastique l'affiche de la LCR par-dessus celle de René Vandierendonck. Pendant ce temps-là, Yann Merlevede serre la main au maire en chair et en os un peu plus loin sur le marché. Campagne oblige. Même lui, le militant, n’a pas pu faire autrement.

Fin de marché. Ses tracts finissent par terre. Il se rassure: même les visages de ceux qui espèrent plus de 5 % des suffrages exprimés sont piétinés au marché.



Lucie Romano

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Roubaix- Pick à pile ou face


Max-André Pick est dans une situation inconfortable. Donné perdant dans tous les cas de figure, il ne désarme pas. Et sait qu’une élection se joue sur des petits détails. Dernière étape de ses réunions publiques jeudi soir au quartier du Pile.


L’auditoire du réfectoire de l’école municipale est clairsemé. Une vingtaine de personnes tout au plus. Mais Max-André Pick ne désarme pas. À trois jours du premier tour, le candidat UMP veut encore “susciter le débat”. Dernier arrêt : le quartier du Pile. Tout le monde descend. Pour illustrer sa volonté d’impliquer la population, l’ancien adjoint d’André Dilligent commence par fournir le résultat d’une enquête téléphonique. 16 000 personnes ont été contactées, 1 500 ont répondu. Les résultats sont sans surprise. Le logement sera LA priorité sur les six ans à venir.
Max-André Pick propose la destruction de 2 500 habitations insalubres et la construction de 1 000 autres. “Roubaix n’a pas vocation à recevoir toute la misère du monde”, prévient le candidat de l’UMP. Il souhaite stopper la frénésie de construction de logements sociaux qui fleurissent à Roubaix depuis plusieurs années. Et attirer professeurs, professions libérales et cadres moyens qui, selon lui, manquent cruellement à la ville.

Les habitants écoutent le candidat décliner les différents thèmes de sa campagne. Sécurité et emploi sont au programme. Mais rapidement, une voix s’élève dans la salle. Un homme s’indigne de voir des véhicules de la ville rouler le week-end, parfois loin de Roubaix : “Ce sont mes impôts qui payent ces déplacements. Et avec l’augmentation du prix du pétrole… ” Rapidement, le ton monte. L’homme a l’impression que sa question est minorée: “Vous avez l’air de hocher la tête, comme si ça n’avait pas d’importance. Mais il n’y a pas de petite économie. Vous êtes là pour me convaincre de vous donner ma voix.
Max-André Pick fronce les sourcils. Il écoute, rassure, cajole. Professionnel jusqu’au bout.

“Tant mieux si on ne parle pas de moi”

Pourtant, la mission de Max-André Pick n’est pas simple. Comment mener campagne quand tous les pronostics le donnent perdant ? “J’ai vraiment le sentiment qu’on va gagner, tempère-t-il. Sinon, je ne ferai pas campagne depuis octobre. On a distribué 150 000 tracts, notre budget de campagne avoisine les 85 000 €, j’ai pris cinq semaines de congés payés et vu tous les commerçants de la ville.” Un discours convenu qui ne masque pas la difficulté de la tâche qui l’attend : renverser un maire qui jouit toujours d’une grande popularité dans la ville. Si aucun sondage n’a été réalisé pour Roubaix, beaucoup prédisent une victoire aisée du maire sortant. Dès le premier tour.

Prédictions, pronostics, sondage. Max-André Pick dit ne pas en tenir compte : “Il y a quelque mois, la droite pouvait reprendre Lille. Ce n’est plus le cas aujourd’hui. Idem pour Vanneste à Tourcoing. Tant mieux si on ne parle pas de moi, je peux travailler tranquillement .” Ni regrets, ni remords ? “Quand des amis me demandent ce que je suis venu faire dans cette galère, je leur pose une question simple : souhaiteriez-vous habiter à Roubaix ? Ils me répondent tous non. C’est bien le signe qu’il faut changer les choses dans cette ville.

Maxime Goldbaum

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Roubaix - La parité, et après?


De l'UMP au Parti socialiste en passant par les Verts et le
Front national
, les hommes occupent invariablement la première place sur les listes pour les élections municipales à Roubaix. Les femmes jouent les seconds couteaux.



Un homme, une femme, mais dans quel ordre? Depuis la loi du 6 juin 2000 obligeant les partis politiques à présenter un nombre égal de candidats des deux sexes, menace de sanctions financières à l'appui, plus moyen de déroger à la règle de la parité. A Roubaix, toutes les têtes de listes sont des hommes. Impressions des dames qui suivent.

Christiane Becquart est entrée en politique il y a 15 ans. Aujourd'hui, à presque 60 ans, elle est en deuxième place sur la liste UMP conduite par Max-André Pick, Changeons Roubaix. "Au début, il y a 15 ans, j'étais la seule femme aux réunions, il faut savoir se faire entendre et prendre sa place. " Avec dix ans de moins, elle aurait peut être brigué la première place, "beaucoup de gens m'avaient demandé d'être tête de liste, mais j'ai toute confiance en Max-André Pick", confie la numéro deux.

"Remplir des cases pour faire la parité, ça ne vaut pas le coup"

Christiane Becquart milite pour que les femmes entrent en politique. Un monde qu'elle trouve "fermé, machiste, un milieu où les hommes sont implantés de très longue date et dans lequel il est difficile de faire sa place". Même si elle assure n'avoir jamais rencontré de réels problèmes avec les hommes au cours de son expérience politique et insiste sur le respect et l'écoute dont fait preuve Max-André Pick à son égard.

La parité imposée, Christiane Becquart, n'en veut pas. "Autant que ce soit des gens qui ont envie d'entrer en politique, remplir des cases pour faire la parité ça ne vaut pas le coup, et puis c'est pas bon pour notre image personnelle", explique la vice-présidente de l'association Défense des habitants à Roubaix.

Une question de légitimité


Pour Fanny Bullaert, en deuxième position sur la liste socialiste du maire sortant René Vandierendonck, "ce qui prime quand on est engagé dans un parcours politique, c'est ce qu'on a dans la tête: compétence, expertise et savoir-faire, capacité à assumer un mandat passionnant, mais lourd". Des qualités qu'elle reconnaît autant à René Vandierendonck à Roubaix qu'à Martine Aubry à Lille. Même si elle reconnaît que "voir de plus en plus de femmes en tête de liste, ce n'est pas déplaisant".

La numéro deux à Roubaix, au PS depuis plus de dix ans, défend la parité. "Ce n'est pas satisfaisant de devoir imposer du 50-50, mais c'est un temps nécessaire. Il ne s'agit pas de courir après des femmes pour les coller sur une liste, aujourd'hui le vivier existe, elles sont là, dans le monde associatif, engagées dans des actions citoyennes."


"Même si elles ont des atouts, le système ne les pousse pas forcément"


Mais Fanny Bullaert, qui n'a pas d'enfants, souligne que malgré l'évolution de la société et de la répartition des rôles entre hommes et femmes, certaines choses demeurent. Comme l'idée de la place que doit occuper une mère au sein de la famille. "Dans tout engagement, c'est difficile d'avoir des enfants à charge. Il y en a qui réussissent à s'organiser même si le système n'est pas toujours là pour les aider, mais après il y a une certaine culpabilité."

Fanny Bullaert, la secrétaire à la Fédération du Nord du Parti socialiste chargée de la parité et du droit des femmes voudrait aller plus loin. "La parité c'est un fait, une règle, mais il faut qu'elle se décline dans les responsabilités assumées ensuite, parce que là où la parité n'est pas imposée par la loi, elle ne va pas de soi."

Hélaï Hosseini

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Lille - Rap ta campagne


Le rappeur militant du Nord, Axiom, revient sur le mandat de Martine Aubry et livre sa vision des élections municipales.


Quand Axiom parle de musique, le militantisme n’est jamais loin. Il n’y a qu’à regarder le parcours du jeune rappeur lillois.

Il s’est fait un nom national avec sa Lettre au président au moment des émeutes (novembre 2005), dans laquelle il réclamait la démission de Jacques Chirac. Il a participé au collectif AC le feu, parcourant la France pour recueillir les doléances auprès des citoyens remises ensuite à Matignon. Il a été consulté pour l’ouverture d’une maison du hip hop à Tourcoing. Le projet lancé par Martine Aubry devrait voir le jour d’ici à deux ans.

Axiom connaît la politique, connaît les politiques, mais ne fait pas de politique. Militant, oui, encarté non. Ce qui ne l’empêche pas d’avoir un avis sur la vie publique lilloise.

Celui qui a grandi à Lille Sud se définit comme un ancien “anti Aubry”. Ses griefs : avoir laissé peu de place aux acteurs locaux dans les festivités de Lille 2004. Depuis, le rappeur estime avoir été entendu par la maire PS et lui reconnaît des réussites sociales non négligeables.






Une approbation, pas un ralliement. Face à la guerre des partis, entre la droite et la gauche, il ne se dit pas apolitique mais insiste sur la différence d’enjeux entre élection locale et nationale.







La politique menée à Lille doit être ambitieuse. Le rappeur croit en sa ville, sa médina, pour reprendre le titre d’un de ses morceaux que ce soit au au niveau régional et européen.







Quelques jours avant les municipales, la question du vote se fait cruciale. Alors votera ou votera pas ? Le plan banlieue a montré les limites du mouvement citoyen, puisqu’il n’a été suivi d’aucune mesure concrète. Quel intérêt alors de s’exprimer dans les urnes si l’on n’est pas écouté par les politiques qui nous représentent ? Axiom met en garde contre le raccourci habituel : l’abstention n’est pas un signe de démobilisation.







Et pourtant, bouder l’isoloir dimanche est tentant si l’on en croit le jeune militant.







Adrian Buffel et Marine Pennetier


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Hénin-Beaumont - Enjeu d'enfants


Les projets sur la petite enfance font partie des enjeux de campagne à Hénin-Beaumont, ville qui accueille de plus en plus de jeunes parents. Un domaine et des projets privilégiés par la mairie actuelle et plus ou moins discutés par les candidats de l’opposition.


Positif ! Les réactions sont unanimes à Hénin Beaumont concernant la politique sur la petite enfance menée par Gérard Dalongeville. Une polique qui fait la fierté du directeur du CCAS (Centre Communal d’Action Sociale), Adjel Arbaoui : "Nous avons créé une crèche qui a été financée à 85% par des subventions de l’Europe, du Département, de la Région et de la CAF." Une réussite qui ne défavorise pas d’autres domaines et qui attire des jeunes parents. "La ville est en plein essor, elle a même gagné des habitants! " précise le directeur persuadé que cette politique familiale est "au cœur de l’action publique."

Une seconde crèche sur un emplacement pollué
Positif oui mais… sur le marché en centre ville, les candidats de l’opposition se plaisent à souligner les failles. Une crèche "déjà pleine" pour Antoine Froissart, jeune militant LCR, "trop petite" pour Steeve Briois, candidat du Front national, un manque crucial d’activités ludiques pour Marine Le Pen: "On pourrait construire une aire de jeu sur le terril du Pommier mais c’est une question de priorité…" Laurent Bocquet, candidat UMP, accuse la mairie actuelle de procéder en dépit du bon sens: "Ils font le projet d’une seconde crèche sur Beaumont alors que c’est un emplacement énormément pollué à cause de la proximité d’Ikéa et du TGV! "


Le meilleur moyen de faire exister la ville

Cette dénonciation est jugée ridicule par Jean-Pierre Chruszez, directeur de campagne de Gérard Dalongeville : "On n’est pas cons au point de mettre un crèche dans une zone polluée… en revanche, une seconde crèche est le meilleur moyen de faire exister la ville". Marie-Noëlle Liennemann ajoute "Nous allons également créer deux crèches d’entreprise dont dix places seront réservées aux Héninois qui ne sont pas des salariés". Cet effort ne sera peut-être pas encore suffisant mais la politique de la petite enfance reste, précise t-elle, une priorité de la liste "Une ville pour tous".

Elodie Forêt

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Lille - Voter au fond de son lit

Difficile de se rendre dans un bureau de vote lorsque l’on est hospitalisé. Pour ceux qui souhaitent exercer leur devoir de citoyen, des particuliers mandatés par le procureur de la République parcourent les couloirs des hôpitaux pour recueillir les procurations. De la clinique au commissariat, voyage d’une procuration.




Vendredi 7 mars, 10h30: Aurore Bordez arrive à la maternité Jeanne de Flandres à Lille. Fiches et stylo en main, elle se présente à l’administration de l’hôpital, qui lui indique les candidates au vote par procuration. Direction le 1e étage, au service prénatal. Il y a trois chambres à visiter.

Hospitalisée depuis dix jours, Alice accouchera sans doute la semaine prochaine. En attendant, interdiction formelle de se déplacer. “Comme j’habite Halluin, je ne pensais pas pouvoir faire ma procuration depuis Lille. J’avais fait une croix dessus.”
Dans les hôpitaux, certains patients sont originaires d’autres régions: le commissariat de Lille se charge de faire le relais avec les bureaux de votes de toute la France.
“J’y tenais, quand même : voter, c’est notre devoir”, reprend Alice, qui a confié à son mari le soin de le faire pour elle. Elle remplit les documents : coordonnées, date de naissance et nom du mandataire suffisent.
“Avec un peu de chance, vous serez sortie pour le second tour”, la console Aurore Bordez.
Alice sourit : “En tout cas, le bébé, lui, sera trop jeune pour voter…”

Deuxième chambre, la visite tourne court. La jeune femme a changé d’avis. “Ça arrive de temps en temps”, explique Aurore Bordez. “Les gens en font la demande puis ils reviennent sur leur décision.”

Chambre suivante, Hisnahen, 25 ans, est trop faible pour se lever. A son cinquième mois de grossesse, elle enrage d’être immobilisée dans un lit d’hôpital. Pour elle aussi, c’est le futur papa qui ira deux fois dans l’isoloir.
“Comment ça se passe si je suis sortie dimanche ?”
“Vous irez voter vous-même”, la rassure Aurore.
Par sécurité, elle remplit la procuration pour les deux tours. “Comme ça, si vous n’avez pas la force d’aller au bureau de vote, votre mari ira pour vous.”
Deux signatures, la fiche est découpée et Aurore dépose le coupon à conserver sur la table de nuit.

11h30, il est temps de repartir, direction le commissariat du Vieux-Lille. Plus de procurations pour aujourd’hui, c’était la dernière collecte avant le premier tour. Cette année, environ 200 bordereaux sont parvenues au commissariat de cette façon, dix fois moins qu’aux dernières élections présidentielles. Ils ont été recueillis dans tous les hôpitaux de Lille, dans les maisons de retraite et aux domiciles des gens qui ne peuvent pas se déplacer.
“Ça va plus loin que de rendre un simple service. Pour les personnes handicapées, par exemple, leur permettre de voter c’est une façon de leur dire ‘vous êtes aussi un être civique à part entière’.”

Aurore est dans les temps : les fiches sont déposées au commissariat à midi. Dans la matinée, d’autres demandes sont arrivées pour le premier tour, mais “c’est trop tard”, explique-t-elle . Cet après-midi, les bordereaux seront triés, listés et envoyés par la poste pour la levée de 17h.
Un timing bien précis : si la procuration n’est pas arrivée au bureau de vote dimanche, les voix d’Alice et d’Hisnahen ne seront pas prises en compte.


Le vote par procuration

En France, la procuration est facilitée depuis 2003.
La présence du mandataire n’est plus nécessaire pour en effectuer la demande : un nom et une adresse suffisent généralement.
Elle peut s’effectuer au plus tard l’avant-veille du scrutin.
Si vous êtes immobilisé à domicile, il suffit de contacter le commissariat de police de votre ville qui enverra quelqu’un recueillir votre demande de procuration.
A l’hôpital, indiquez votre souhait au personnel soignant qui s’en chargera pour vous.

Mathilde Bellenger

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Lille - Martine au théâtre

En plein coeur de Fives, le théatre Massenet a rouvert ses portes au public le 15 février. Une renaissance qui doit beaucoup à Martine Aubry.


Des câbles électriques traînent sur la scène, un escabeau se dresse entre les strapontins. Le théâtre Massenet a des allures de chantier. Mais si le lieu conserve des traces des travaux de l'année dernière, c'est parce que les organisateurs n'ont pas voulu attendre plus longtemps pour lancer leur nouvelle programmation. Il est vrai qu'après les déboires qu'a connus la salle de spectacle, ces travaux sont un peu le symbole d'un nouvel âge pour le théâtre.

Renaissance
La saga Massenet - ou "comment faire couler une structure culturelle ?" - commence en 2006 : l'association qui gère le théâtre se retrouve avec une dette de 150 000 euros sur les bras. S'ensuit une mise en liquidation financière et administrative, puis l'épisode final : la fermeture du théâtre.
Mais cette période est bel et bien révolue, puisque le projet associatif proposé l'année dernière à la mairie de Lille a séduit Martine Aubry. Après un renouvellement de l'équipe administrative et des travaux à 65 000 euros financés par la ville de Lille, le théâtre Massenet rouvre donc ses portes début 2008. "La réouverture n'aurait jamais été possible sans la mairie, commente James, coordinateur du théâtre. Martine Aubry et son équipe ont une vision territoriale de la culture. La mairie donne beaucoup d'importance aux petites structures implantées dans les quartiers. Et notre théâtre correspond bien à ce profil."

Un avenir incertain

James est également conscient que l'existence du théâtre dépend fortement de l'issue du scrutin le 16 mars : "Martine Aubry nous a débloqué un budget de 45 000 euros cette année. C'est sûr que si sa liste perd aux élections municipales, on s'inquiète un peu pour la suite..."
Pour l'avenir de la culture lilloise, que pense-t-il de Sébastien Huyghe (UMP) ? Jacques Richir (MoDem) ? "Je ne m'intéresse pas vraiment à leurs programmes, je ne connais pas leurs propositions en termes de culture."
Eric Quiquet? "C'est vrai que les Verts ont un certain intérêt pour les questions culturelles. Mais je pense que dans le cas du théâtre Massenet, Martine Aubry est la plus à même de nous aider."

De là à dire que Madame la maire a sauvé le théâtre Massenet... il n'y a qu'un pas.
Stratégie électorale juste avant les municipales ou véritable coup de coeur pour ce petit théâtre populaire ? Catherine Cullen, adjointe à la culture, s'offusque : "C'est complètement déplacé de voir un objectif électoraliste dans la réouverture du théâtre. C'était une structure qui avait besoin d'argent, on l'a aidée, point. Bien sûr, c'était important aux yeux de Madame Aubry, simplement parce qu'elle a toujours donné beaucoup d'importance à la culture à Lille."

Lucile Sourdes

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Lille - Abstention, le premier défi de l’élection

Martine Aubry atteindra t-elle les scores élevés que lui créditent les sondages? Sébastien Huyghe créera-t-il la surprise? Une chose est sûre, le premier défi de ces élections est de faire baisser l’abstention.

La région demeure en queue de peloton en termes de participation.“ C’est la conclusion d’un rapport publié en février 2008 par l’Insee (Institut national de la statistique et des études économiques) Nord-Pas-de-calais. L’Insee, qui s’est penché sur les élections de 2007 montre qu’au premier tour des présidentielles, 81,5% des inscrits se sont rendus aux urnes, contre 85,5% dans le reste de la France. En 2007, les électeurs du Nord-Pas de Calais ont rechigné à aller voter. Un geste qui s’explique par différentes raisons.
Il y a différentes sortes d’abstention, explique Denis Barbet, sociologue politique, l’abstention d’indifférence, d’apathie, de désintérêt, celle de ceux qu’on appelle “les pêcheurs à la ligne“. Une partie de des électeurs est indifférent à la démocratie, aux élections. C’est la conséquence d’une crise de la représentation“.

Une “désillusion générale“
L’abstention par désintérêt, les membres du comité de quartier de l’Hommelet connaissent bien. Depuis 2002, ils ont mis en place le collectif “Je pense donc je vote“, pour sensibiliser les habitants du quartier à ce geste citoyen. “Le déclic ça a été les présidentielles de 2002“ explique Bruno Lestienne, à l’origine du projet, “Le Pen est arrivé au deuxième tour et deux bureaux du quartier comptaient parmi les plus abstentionnistes, avec 70 à 80% d’abstention“. Rejoint par quelques associations, le comité de quartier a mis en place de “petites mobilisations“, distribué des tracts et organisé des rencontres entre les habitants du quartier et les candidats aux municipales. A chaque réunion, environ 70 personnes sont présentes, qui peuvent interpeller directement les hommes et femmes politiques sur les sujets qui les touchent. Les bénévoles du comité démarchent même les habitants du quartier par téléphone pour les inviter à venir et leur expliquer l’importance du vote. Pas toujours avec succès. “C’est dur de convaincre des gens qui ne votent pas depuis longtemps. Je crois qu’il y a une désillusion générale, une fracture citoyenne.“ analyse B. Lestienne
Un diagnostic partagé par le sociologue: “Pour une part des citoyens ce n’est pas nécessairement important de se déplacer. Ce n’est pas une dimension importante dans leur vie. Ce sont des gens qui n’ont pas forcément une vision politique de la vie. Peut être ont-ils une vision culturelle du monde.

Ils votent “avec leurs pieds“ en désertant les urnes
Mais c’est aussi la précarité et l’isolement qui, dans le quartier de l’Hommelet comme ailleurs dans la région pèsent sur le vote. “Je refuse de dire que c’est parce que les gens sont dans la merde qu’ils ne votent pas mais c’est un peu ça, ils ne croient plus que la politique va changer les choses.“ témoigne Bruno Lestienne. Pour les experts de l’Insee, la chose est claire, s’abstiennent davantage ceux qui sont “plus fragilisés sur le marché du travail“. Un exemple: 14% des actifs se sont abstenus au premier tour de l’élection présidentielle en 2007, ils étaient 26% parmi les chômeurs et 28,1% parmi les intérimaires. Ils seraient encore plus nombreux dans la région.
D’autres facteurs entrent bien sûr en jeu, l’âge –les 18-24 ans votent moins que les autres-, le lieu d’habitat –on s’abstient moins quand on vit en zone rurale- ou le cadre familial –les personnes isolées sont plus largement abstentionnistes.
Le travail de mobilisation des candidats, ou la politisation du scrutin jouent également: “Vu l’évolution des courbes de popularité de Sarkozy, on peut juger qu’une partie de l’électorat de droite est déçue et va voter “avec ses pieds“ en désertant les urnes.“ estime Denis Barbet.

Pêcheurs à la ligne, personnes isolées ou déçus du système, combien seront-ils à bouder les urnes les 9 et 16 mars ?

Pauline Froissart


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Roubaix – Karim : le lutteur qui veut envoyer l’abstention au tapis

Karim Chahchouhi est membre depuis plusieurs années du Conseil jeunes de Roubaix Sportif de haut niveau, il s’engage dans la lutte contre l’abstention. Public visé : les jeunes de la ville.


“J’essaie d’assister le plus souvent possible aux réunions du Conseil jeunes, mais parfois je n’ai pas le temps”, regrette Karim. Il faut dire que du temps libre, ce Roubaisien de 23 ans n’en a pas beaucoup. Mécanicien dans un garage de Carvin la semaine, Karim prépare aussi le prochain championnat de France de lutte gréco-romaine, catégorie 55 kilos. “En ce moment, je m’entraîne tous les soirs du lundi au vendredi. Il faut ça pour devenir à nouveau champion”, lance-t-il dans un grand sourire.

Lorsqu’il s’investit dans un projet, Karim ne fait pas dans la demi-mesure. Et ça tombe bien, les municipales approchent à grands pas. Le Conseil jeunes est partenaire de l’opération “au vote citoyen”. But de la démarche : inciter les 18-25 ans à se rendre aux urnes les 9 et 16 mars prochains. A cette occasion, le jeune sportif se transforme en véritable VRP du devoir citoyen.

Convaincre les jeunes d’aller voter
La semaine dernière, il était d’ailleurs présent au lycée Jean Moulin de Roubaix afin d’expliquer aux étudiants les enjeux des municipales. “Les jeunes ne comprennent pas toujours le langage des élus. Ils sont parfois méfiants. Mais moi je suis comme eux, je parle comme eux. Du coup, on discute plus facilement.” Le message de Karim se veut d’ailleurs simple et pour le moins direct : “Si tu ne votes pas, tu ne t’exprimes pas. Par contre, si tu votes, tu as le droit d’ouvrir ta gueule”.

Toutefois, Karim a bien conscience qu’entre l’inscription sur les listes électorales et le chemin des urnes, il y a un pas souvent difficile à franchir pour certaines personnes. “Les gens ont parfois peur des institutions, c’est pas facile pour eux d’aller en mairie”.

Malgré tout, il se déclare “confiant” sur la participation des jeunes Roubaisiens au prochain scrutin municipal, même si les précédentes élections avaient été marquées par une forte abstention dans certains quartiers de la ville. Bref, entre la participation des jeunes aux municipales et la conquête d’un nouveau titre national, ce ne sont pas les occasions de combattre qui vont manquer pour le jeune lutteur.

Olivier Cougard

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Lille - Duels sur la 3


Premier débat télévisé entre les prétendants à la mairie de Lille jeudi 6 mars. Un peu convenu sur le fond, c’est sur la forme que l’échange s’est distingué. D’un côté le combat des chefs opposant Martine Aubry à Sébastien Huyghe. De l’autre, la guerre des seconds entre les Verts et le Modem.


J’ai simplement pas eu beaucoup de temps pour préparer cette campagne.“ Sur le plateau de France 3 Nord Pas-de-Calais, Sébastien Huyghe démarre mal. Bousculé par une question qui pointe du doigt le manque de dynamisme de sa campagne, il bredouille presque sa réponse. Martine Aubry a de son côté le beau rôle. Réagissant à son avance dans les sondages, elle se paye le luxe de la modestie. «Bien sûr c’est un encouragement (…), mais le seul vrai sondage qui compte, c’est le bulletin de vote que les lillois mettront dimanche dans l’urne.»
Lille a l’image « d’une des villes les plus sales de France». C’est Sébastien Huyghe qui donne le premier coup, parlant de « l’échec » de la municipalité en matière de propreté. Il est cependant bien à la peine quand on lui demande ses propositions pour y remédier… Plus à l’aise sur la question de l’intégration des quartiers, il attaque la maire sortante en lui reprochant l’isolement de Lille-Sud. Riposte immédiate de Martine Aubry, qui lui rappelle l’implantation dans le quartier, de la Halle de la glisse et du Faubourg des modes. Sébastien Huyghe contre-attaque: « Le Faubourg des modes a fait disparaître le commerce de proximité. »

Richir-Quiquet, un match dans le match
Plus discret, le match entre Eric Quiquet et Jacques Richir se joue en second plan. Il faut dire que les deux hommes marcheront sans doute la semaine prochaine sur les mêmes plates-bandes. Chacun est candidat à une union de second tour aux côtés de Martine Aubry, il s’agit pour les deux hommes de prendre l’avantage dans cette guerre des seconds.
A Eric Quiquet la prime au sortant: adjoint de Martine Aubry, il défend bec et ongles sa part du bilan municipal. Création du « Zap » - le ticket de métro à bas prix -, rénovation de la gare Lille-Flandres, l’écologiste mène la bataille sur le terrain des transports.
Jaques Richir lui reproche aussitôt « la stigmatisation de l’automobile ». Le candidat MoDem est favorable à la construction d’une ligne de transport tram-train, en ces temps de conquêtes électorales mais refuse « la stigmatisation des conducteurs ». Il plaide pour « une écologie partagée et non imposée».

Sébastien Huyghe contre le reste du monde
Sébastien Huyghe est en réalité bien seul face à l’alliance attendue du second tour. Dans le contexte d’une élection qui semble jouée d’avance, les candidats du MoDem et des Verts se font tendre avec la favorite des sondages.
« Aujourd’hui, je me retrouve comme la seule force d’alternance », résume Sébastien Huyghe. Quand il se lance dans une diatribe contre Martine Aubry au sujet de l’absence d’un « Vélib’ » lillois, c’est Eric Quiquet qui prend la défense de la municipalité. Un peu plus tard, c’est Jacques Richir qui prend le relais, soulignant le dynamisme économique de l’agglomération lilloise après que Sébastien Huyghe a fait état de la perte de 800 emplois à Lille.
Et Martine Aubry de se poser en rassembleuse, appelant tous ceux qui partagent ses « valeurs humanistes » à la rejoindre au second tour. Peut-être enfin l’occasion pour Sébastien Huyghe d’un véritable duel.

Paul Sanfourche

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Roubaix-Le parking de la discorde


Les petites rues abritent parfois de grands maux. Pour les soigner, il y a la Chélidoine, une association d'habitants qui porte le nom d'une plante connue pour ses vertus curatives dans le traitement contre les verrues. Aujourd'hui, elle se mobilise... pour une histoire de parking.

"On n'est pas contre la mairie. On demande juste des comptes!" Marie-Josée L'Hostis est énervée. Cette habitante de la rue du Curoir s'est lancée il y a quelques semaines dans une bataille pour la préservation du parking et du parc publics situés juste en face de chez elle. Et elle n'est pas seule dans ce combat. Membre de la Chélidoine, elle peut compter sur le soutien de tout un quartier.
L'histoire est simple. En septembre prochain, l'École nationale de protection judiciaire de la Jeunesse (ENPJJ), qui forme des éducateurs, ouvrira ses portes rue du Curoir. En tout, ce sont 491 personnes qui arriveront sur place. À quelques mètres de là, les travaux ont déjà commencé pour la construction d'une résidence étudiante. Enfin, la mairie prévoit de construire des logements sociaux sur l'actuel emplacement du square de la Tour et sur une partie du parking situé en face de chez Mme L'Hostis. Des 30 places actuellement disponibles, il n'en restera plus que 12.

La Chélidoine milite de son côté pour un autre projet : la réhabilitation du square laissé à l'abandon et le réaménagement du parking en un espace plus arboré qui permette un accès au parc, afin que ce lieu redevienne un véritable espace de vie. "La mairie tient un double discours. Dans les programmes, il est marqué noir sur blanc qu'il faut préserver les espaces publics, explique Marie-Josée L'Hostis. Ils nous disent qu'ils agrandissent les espaces verts, mais ce ne sont pas les espaces verts de proximité. En fait, tout est en train de se blinder autour de chez nous." Depuis que la mairie a présenté le projet d'aménagement aux habitants du quartier, l'association s'est mobilisée.

Réunions de quartier, rencontres avec le maire René Vandierendonck et l'adjoint à l'urbanisme, M. Dubois, distribution d'affiches dans les boîtes aux lettres... Depuis quelque temps, elles fleurissent aux fenêtres des maisons du quartier. On peut y lire : 'OUI au projet des habitants.' Puis un petit texte expliquant la volonté de l'association et l'aménagement souhaité. La Chélidoine entend clairement peser dans les décisions urbanistiques de sa ville. 5 000 nouvelles affiches sont d'ailleurs prêtes à être distribuées.

Pour Marie-Josée L'Hostis, ce désaccord avec la mairie met surtout en lumière le manque d'écoute de l'équipe dirigeante vis-à-vis des habitants. Dans une ville qui a toujours été à la pointe en matière de démocratie participative, le sujet est sensible. "Ça fait 10 ans qu'on dit à la mairie qu'il faut sécuriser cet espace vert en créant un lieu ouvert qui réunisse le parking et le square, ajoute Mme L'Hostis. De notre côté, on est en relation avec le comité de quartier ; on participe à des réunions qui visent à recueillir l'avis des habitants pour la construction de ce parking public. C'est ça la démocratie participative." Quant au discours du maire sur le sujet, elle n'y croit pas trop. "La mairie évoque des consultations avec les habitants. M. Vandierendonck m'a fait des promesses : 'vous aurez une belle place publique.' En réalité, les architectes ont déjà tous les plans pour la construction des bâtiments!"

Cette situation agace de plus en plus la Chélidoine. De la démocratie participative souhaitée par tous, il ne semble rester qu'une opposition entre les habitants d'un quartier et la mairie, projet contre projet. Marie-Josée L'Hostis a son avis sur la question. Selon elle, "les élus ont peur de la rencontre avec les habitants." Et quand on lui demande si le problème pourrait être réglé après les municipales, la réponse est claire et désabusée : "De toute façon, un candidat ou un autre, ça ne changera rien."
Alexis Hache

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Tourcoing- Bataille électorale autour d’une rue


Les habitants du quartier du Pont-Rompu, dans le nord-ouest de Tourcoing, voient défiler les candidats aux élections municipales. Enjeu électoral local: la réhabilitation du quartier. Christian Vanneste, le candidat UMP, et Michel-François Delannoy, le candidat PS, s’opposent sur l’avenir des maisons murées de la rue Jules Lerent et des espaces verts alentour. Ils sortent les arguments qui vont droit au cœur… de l’urne.


Christian Vanneste a frappé aux dizaines de portes de la rue Jules Lerent et expliqué aux locataires que “s’il était élu, il ferait tout pour que cette rue ne soit pas rasée.” Depuis, la rumeur court au Pont-Rompu… Les maisons ne seraient pas détruites finalement? Les habitants ne savent plus qui croire. Malik Madji, médiateur de l’association des Ruisseaux installée dans la Maison des services, ne s’étonne pas du récent ballet des candidats : Christian Baeckroot venu ce dimanche à 7 heures du matin, histoire de ne pas croiser de jeunes, et puis les autres qui font du porte-à-porte. Mais de là à convaincre les habitants en jouant sur leurs craintes…

La réhabilitation est un enjeu central dans ce quartier. Suite aux graves problèmes de trafic et de délinquance il y a quinze ans, la solution retenue à l’époque avait été de détruire les barres et de restreindre le nombre d’habitants. Au dernier recensement, les habitants du quartier n’étaient qu’un peu plus de deux mille. Un nombre qui ne cesse de se restreindre. L’école maternelle a dû être fermée en 2003. Depuis, la situation s’est améliorée. Récemment, un projet a été présenté par les services municipaux à l’ANRU, l’Agence nationale pour la rénovation urbaine.
Quatre-vingt maisons doivent être construites d’ici deux ou trois ans. En attendant, à chaque fois qu’une famille part d’une des maisons de la rue Jules Lerent, et de certaines autres rues du quartier, le logement est muré. Des garages aussi seront fermés et les jardins attenant aux maisons, agrandis.

Selon Louis Alliot, en charge du logement à la Ville de Tourcoing, l’idée est de “favoriser la mixité sociale et le parcours résidentiel”, exploiter tous les espaces verts et accueillir de jeunes couples avec des enfants pour “renouveler la population”. Le projet a aussi un aspect économique, puisque des discussions sont en cours pour créer un complexe commercial, la “Promenade de Flandres”.

Le projet d’ANRU va-t-il être maintenu ?
D’après Monique Trackoen, directrice régionale du bailleur social Logicil-CHM, chargée de la réhabilitation au Pont-Rompu, le dossier ANRU a été déposé par le service municipal en charge des questions de logement le 17 janvier. Au centre du dossier, “la proposition de démolition de la rue Jules Lerent et du square Debroglie.” Comme “le dossier ANRU n’a pas encore été signé”, Monique Trackoen s’étonne aussi d’avoir entendu dire que d’autres informations étaient ces temps-ci “délivrées sur le terrain”.

Alors, la question se pose : le dossier ANRU est-il suffisamment avancé pour que quelle que soit l’issue des municipales, il soit maintenu? Christian Vanneste peut-il prétendre que “les maisons en voie de destruction ne seront pas détruites?” Son directeur de campagne, Gérald Darmanin, est formel : “Le dossier ANRU dit seulement que pour un logement détruit, un logement est reconstruit.” Il permet surtout d’obtenir le financement de la réhabilitation. “Christian Vanneste ne veut pas de la destruction, il prône l’accession à la propriété, via des crédits sociaux.

L’équipe socialiste en place a engagé le projet dans le sens d’une réorganisation de l’occupation de logements locatifs individuels de grande taille (T4 pour 80% d’entre eux). Deux réunions publiques ont été organisées avec les habitants en 2007. Michel-François Delannoy, alors adjoint au maire, était présent pour “recueillir les questions et les attentes” des habitants. Pourtant, au service en charge du logement à la mairie, Louis Alliot ne pouvait toujours pas garantir “le maintien du niveau de réalisation du projet si l’ANRU s’engage moins”.

D’un côté comme de l’autre, on vend donc la peau de l’ours avant de l’avoir tué. On se renvoie la balle aussi. François Camerlynck, directeur de campagne de Michel-François Delannoy, dénonce l’intérêt électoraliste du porte-à-porte ciblé de Christian Vanneste. D’autant plus que ce dernier, qui avait écrit à Logicil pour savoir si la vente des maisons de la rue Jules Lerent était possible, avait déjà obtenu la réponse négative du bailleur social. Par ailleurs, il explique que Christian Vanneste a voté en faveur du projet de rénovation urbaine. Du côté de l’opposant UMP, on répond que Christian Vanneste “n’avait pas le moyen d’intervenir” pour empêcher ce projet. Gérald Darmanin, son directeur de campagne, riposte à son tour : le conseil municipal profite de l’ANRU pour “vendre des terrains à des investisseurs commerciaux”. Un projet a bien été mis sur les rails par Michel-François Delannoy, également président de la mission locale.

Les habitants ont appris que plus d’une centaine de magasins seraient implantés. Une occasion de donner de l’emploi aux résidents de Pont-Rompu.La proximité avec les habitants aura à coup sûr un impact sur le vote de dimanche. Au Pont-Rompu, on s’abstient facilement mais on est aussi prêt à se mobiliser pour le candidat qui a eu des attentions. A ce niveau-là, les autres candidats, Michel Van Tichelen et Christian Baeckroot, semblent bien moins implantés.


Lucie Romano

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Tourcoing - “Eh Sofiane, tu vas aux urnes dimanche?“


Vous savez ce qui se passe dimanche prochain? “ Jeudi midi dans les rues de Pont-Rompu, Malik Madji tente de montrer aux jeunes électeurs le chemin des urnes. Médiateur de quartier, il arpente le terrain, serre des mains, connaît tout le monde et surtout discute. Sa dernière mission: lutter contre l’abstention et le désintérêt des jeunes.


Sujet inévitable cette semaine, le vote aux élections municipales. Au cas par cas, discussions au coin des rues ou réunion publique, toutes les méthodes sont bonnes. “La semaine dernière nous avons organisé dans le quartier un forum citoyen intitulé ‘‘Son maire…on le choisit! ’’ Le reste du temps je discute, j’essaye de les convaincre, leur rappelle que c’est dimanche.“ “C’est dimanche?“ s’étonne Clément, interpellé par Malik Madji.

Capuche rabattue, Safer rejoint le petit groupe qui se forme autour du médiateur local. Il soupire quand il découvre le sujet de la discussion. “T’as ta carte? lui demande Malik Madji. Alors ça te coûte quoi te déplacer?“. Réponse de Safer: “J’ai voté aux présidentielles pour Royal, ça n’a servi à rien. Je n’aurais pas dû y aller“ Démonstration du contraire par Malik Madji: “Si tous ceux qui se sont abstenus et qui étaient pour Ségolène Royal étaient allés voter comme toi alors ta candidate serait sûrement passée!“ “Logique!“ s’exclame Sofiane qui avoue à la fin de l’entretien que le discours du médiateur l’a ‘‘chauffé’’, et qu’il ira voter dimanche.

Parler aux jeunes de politique n’est pas évident du tout. Ils sont enfermés dans une image négative de la politique, déplore Malik Madji. La réponse est souvent la même : ‘‘voter est inutile’’. J’essaye de leur expliquer la différence entre politique locale et nationale

Pour ceux qui votent, c’est souvent la sensibilité politique qui compte, plus que les programmes de chaque candidat. Une voiture passe, s’arrête devant le groupe. Au volant, Ahmed confirme la tendance: “ J’irai voter sans avoir lu les tracts. A défaut je reste dans ma ligne politique habituelle.“ Certains lapsus sont révélateurs: “Je voterai pour Delanoé, affirme l’un, avant de se reprendre. Pardon, je voterai pour Delannoy! Mais bon, c’est la même chose, non?

Léa Outier

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Tourcoing - "Pont-Rompu peut redevenir un quartier heureux"

Habitante du quartier du Pont-Rompu, Nadia Benbahlouli est 24ème sur la liste de Michel-François Delannoy, candidat PS à Tourcoing. A 28 ans, elle est membre du conseil municipal de Jean-Pierre Balduyck depuis 2001 et se bat pour redonner sa fierté à un quartier longtemps marginalisé. Rencontre avec une candidate qui croit en l’action sociale.


Pont-Rompu a longtemps eu une mauvaise image auprès des Tourquennois. Qu’en est-il aujourd’hui? Est-ce un enjeu dans la campagne municipale?
"Pont-Rompu est un quartier qui commence tout juste à sortir la tête de l’eau. Ces quinze dernières années ont été dures pour les habitants, au niveau économique et social. Aujourd’hui le quartier a perdu sa réputation de quartier « sensible ». L’installation de la Maison des services dans l’école désaffectée est le signe que les associations jouent un rôle important. La continuité politique est cruciale pour que le quartier continue de remonter la pente. Si la droite l’emporte à Tourcoing, qui nous garantit que l’attention portée au tissu associatif sera la même?"

Quels sont les principaux enjeux municipaux autour du quartier du Pont-Rompu ?
"Une enquête de la mission locale révèle que Pont-Rompu a actuellement le taux de chômage
le plus élevé de Tourcoing, alors que c’est aussi le quartier qui a proportionnellement le plus de jeunes diplômés. Les jeunes avec un bac + 3 ne trouvent aucun boulot. Le maire sortant Jean-Pierre Balduyck a commencé à relever ce défi et il faut continuer. Il faut aussi aménager l’espace. Le projet est notre feuille de route: il prévoit la construction de nouveaux logements pour diversifier les populations et la valorisation des nombreux espaces verts du secteur. Michel Delannoy se battra pour que ce projet soit réellement mené à bien."

Quels projets avez-vous envie de mener dans le quartier?
"Je suis élue mais surtout présente sur le terrain en tant que secrétaire de l’association le Quartier des Ruisseaux, qui œuvre pour désenclaver le quartier. En cas de victoire de Delannoy nous continuerons à aider les associations qui arpentent le terrain et à organiser des événements sportifs et culturels. C’est une étape importante, sans laquelle la meilleure politique de l’emploi resterait inefficace. Il reste tout à faire: mettre de la vie, installer des commerces, lutter contre les discriminations et surtout redonner confiance aux habitants. Pont-Rompu peut redevenir un quartier heureux."

Pourquoi un tel attachement?
"Mon grand-père s’est installé à Pont-Rompu quand il est venu travailler en France il y a plus de 50 ans. Mon père est né ici, j’y ai grandi et même si je travaille dans le centre de Lille, j’habite toujours ici. Je connais tout le monde: j’ai même marié des anciens enfants du quartier avec qui je suis allée au collège. C’était une grande fierté!"

Membre du conseil municipal de Jean-Pierre Balduyck depuis 2001, vous êtes à présent colistière du nouveau candidat socialiste Michel-François Delannoy, comment percevez-vous la transition politique entre le maire sortant et son éventuel successeur ?
"Michel Delannoy est depuis très longtemps très présent sur Tourcoing. Je le connais depuis que j’ai quatorze ans! C’est une transition en douceur, et pendant la campagne, nous sommes bien reçus par les gens. Le sondage de dimanche dernier nous a confortés, bien sûr, mais maintenant il faut travailler deux fois plus pour mobiliser les gens, et surtout ne jamais se reposer sur une victoire qui n’est pas gagnée!"


Propos recueillis par Léa Outier




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Portofolio Hénin-Beaumont




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Hénin-Beaumont - en direct du marché

Nos reporters sont à Hénin-Beaumont ce matin. Suivez en direct les candidats pour leur dernier marché avant le premier tour.
(Pensez à rafraichir la page d'accueil régulièrement)


A Hénin-Beaumont ce matin, il y avait beaucoup de monde sur le marché. Bien plus que mardi dernier.

12h45: Tout le monde remballe. Un rotisseur a vu passer tous les candidats.
Pour la première fois, Marine Le Pen est venu lui acheter un poulet en personne.


12h20
: Interogé sur les accusations de Steeve Briois, Gérard Dalongeville, les bras chargés de victuailles, ne mâche pas ses mots et qualifie ses adversatiares de "fascistes".


12h15
: Devant le fromager, Gérard Dalongeville s'étonne de la visite de ses concurrents


Pendant ce temps, son directeur de campagne déclare: “On voudrait gagner au 1er tour car le 2ème tour, c'est une certitude. On a pas peur de Briois car on est dans des terres républicaines.” Il tente une blague sur l'achat de poulet de Marine Le Pen

12h10: Daniel Duquenne passe près du centre culturel l'escapade. Son regard s'arrête: "Les pommiers commencent à fleurir. Ca sent le printemps. Le printemps pour tout le monde..." “Et le printemps d'Hénin-Beaumont”, reprend un militant de l'alliance republicaine.

12h05: La même dame en rouge discute avec Steeve Briois et lui affirme qu'elle votera pour lui dimanche.

12h:
Marine Le Pen file vers sa voiture, le poulet à la main, alors que Steeve Briois continue à discuter avec les habitants. Il annonce que tous les departs à la retraite ne seront pas remplacés à la mairie s'il gagne l'élection. Une passante lui lance: “On dirait que les gens vous regardent différemment d''avant.” Un autre: “Impossible n'est pas français! On compte sur vous.”

11h40: Briois accuse Dalongeville d'avoir "acheté" 150 employés municipaux en créant des contrats temporaires de 3 mois.

11h35: Une employé municipale tout de rouge vêtue donne ses pronostics à Daniel Duquenne “Ca sera vous et Steeve Briois au premier tour. Lui [Gérard Dalongeville], il va dégager . Il m'a trois-quart détruite. Je ne bois pas beaucoup d'alcool mais si je vois ce score dimanche, je me roule à terre de bonheur.”

11h30: Steeve Briois et Marine Le Pen arrivent au marché. Devant le stand de poulet rôti, ils demandent: “Trois poulets avec des pommes de terre s'il vous plait.” Steeve Briois s'explique: “Nous, on est venu ici pour faire nos courses. On ne tracte plus. Ca sature les gens.” Marine Le Pen est en recherche de carottes rapées: “J'en ai marre de manger des pommes de terre.”
Le directeur de campagne de Gérard Dalongeville, Jean-Pierre Chruszez, voit cette visite comme une nouvelle stratégie.


11h26: Antoine, jeune militant LCR: "Monsieur Dalongeville a dit dans un reportage sur Arte qu'il venait tous les vendredis sur le marché. Là, on est en periode électorale et il n'est même pas là.”

11h 15: Un commerçant interoge Daniel Duquenne sur l'attachement du maire actuel à Hénin-Beaumont: " Si Dalongeville perd, il part. Il n'acceptera pas de rester dans l'oppositon. Et il ajoute: “Marie-Noelle Liennemann a pris une location pour être inscrite sur les listes électorales.

11 h: Laurent Bocquet salue son concurrent Daniel Duquenne et sa femme. “On reste cordial entre candidats. Apres tout, on est tous des hommes.

10h45: Tous les candidats sont sur le marché sauf les 2 principaux: Steeve Briois et Gérard Dalongeville.

10h30: Un jeune militant socialiste cherche le candidat PS et les autres militants. Ca fait déjà plus d'une demi heure qu'il attend.
"Dalongeville a fait un beau travail d'appoint sur la mairie. On ne change pas une équipe qui gagne."

10h20: A l'entrée du marché, les militants LCR tractent.
Ils sont contents de voir la presse et dénoncent le black-out fait autour de la présence du FN. Un sympathisant ne comprend pas qu'il n'y ait eu aucune manifestation contre la présence du candidat frontiste au premier tour.


Elodie Foret, Diane Desobeau, Amélie Tulet et Pierre-François Decourcelle




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Tourcoing- Mais où sont les candidats?


Dans le quartier de la Bourgogne, les élections municipales peuvent parfois paraître lointaines et les candidats absents. Un panneau électoral perdu près d’une école rappelle la proximité des prochaines élections. France-Aymée et Thérèse, la cinquantaine, ont bien vu les affiches mais n’ont pas encore fait leur choix, “ On a reçu les professions de foi hier, on va les lire et on va aller voter, ça c’est sûr.” Leurs espoirs? Plus de sécurité, une lutte améliorée contre les trafics de drogue et une meilleure répartition des aides : “ l’ancien maire, monsieur Balduyck, privilégiait les étrangers.


Il n’y a pas d’emplois ici

Même espoir sécuritaire pour Danièle, “ il n’y a rien de fait pour les jeunes qui traînent, le centre aéré c’est trop cher, alors ils sont désoeuvrés. Regardez l’Aldi, il fait que de se faire braquer.” Sa fille, Séverine, insiste, “ il n’y a pas d’emplois ici, il faut aller à Roubaix ou à Lille. On envoie les jeunes faire des formations, ça fait bien pour les chiffres du chômage mais ce n’est pas du vrai travail.” Pour Angélique, le vrai problème vient du logement, “ on est les uns sur les autres mais en ghettos, un quartier noir, un quartier arabe, un quartier blanc…

Les politiques ne font pas grand-chose

Et il y a ceux qui n’y croient plus. Léopold est agent de propreté depuis 23 ans, “ A part planter deux ou trois arbres, les politiques font pas grand-chose ici. Par exemple, les briques ne sont jamais changées.” Gaston a 78 ans, vit dans le quartier voisin de la Croix-Rouge et n’accorde plus vraiment de crédit aux promesses des candidats, “ le parti socialiste doit donner des colis de nourriture aux personnes de plus de 70 ans, mais je n’y crois pas trop.
Des électeurs à convaincre mais peu de mobilisation des candidats. “ Il n’y a que Delannoy qui passe dans le quartier” explique Mohammed depuis son fast-food Hoggar, “ Il est venu manger vendredi dernier, il a parlé avec les jeunes, c’est le plus populaire ici… Les autres se contentent de passer en voiture.

Elodie Forêt

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Tourcoing – Sécurité dans les quartiers: demandez le programme !


Pour les prétendants à la mairie, les quartiers populaires de Tourcoing sont un enjeu de premier ordre. Ils s’y font pourtant discrets (lire l'article Mais où sont les candidats?), et la surenchère sécuritaire semble être leur seule réponse face aux problèmes de ces quartiers. Revue de programme.

Sécurité, j’écris ton nom

Chevalier des libertés individuelles, le candidat UMP Christian Vanneste affirme que “la sécurité est la première des libertés”. Et il veut serrer la vis: “Comme vous le savez, je suis loin d’être un laxiste. Je souhaite que chacun vive en sécurité à Tourcoing”, écrit-il dans son programme. Plus concrètement, il propose d’installer plus de “caméras de surveillance” dans les “quartiers à problèmes”. Il s’engage à mettre en place une “police mieux coordonnée” qui “se concentrera sur l’éradication de la délinquance et des trafics.” Il souhaite aussi la “fermeture nocturne de tous les parcs et jardins de la ville pour lutter contre l’insécurité et les nuisances nocturnes.”

Les Français (honnêtes) d’abord

Sans surprise, Christian Baeckroot traite des quartiers sous l’angle de la préférence nationale. Le numéro un de la liste “A Tourcoing, Les Français d’Abord !” propose le maintien “d’une police de proximité avec des commissariats de proximité” pour “rassurer les gens honnêtes”. Il souhaite également multiplier les “équipes d’intervention mobiles pour démanteler les bandes”. Tout comme son adversaire UMP, le candidat d’extrême droite veut “généraliser la vidéosurveillance”.

Plan “tranquillité”
Le candidat Modem, Michel Van Tichelen, est un autre Monsieur Plus. Plus de police (il demande une augmentation des effectifs de la police municipale), plus de caméras dans les “secteurs sensibles”, plus de contrôles pour “lutter contre le trafic de drogue” et “contre les nuisances sonores”. Petite subtilité de programme, il veut instaurer un “plan tranquillité” pour lutter contre les “actes quotidiens d’incivilité dans les groupes HLM”. Mais les modalités de ce “plan” restent à définir.

Des villages dans la ville
Michel-François Delannoy a tout misé sur l’électorat des quartiers. Le candidat de la liste PS-PC-Verts a réalisé un programme différent pour chaque quartier – “Un village dans la ville” - rappelant les réalisations du maire sortant, et leurs propositions. La liste socialiste évoque “l’amélioration de la sécurisation de la place de la Bourgogne”, “la sécurisation des immeubles des Piats” à la Croix-Rouge, et le “traitement des venelles qui posent des problèmes de sécurité” dans le quartier de Pont Rompu. Mais Michel-François Delannoy est surtout le champion des synonymes : “réalisation”, “rénovation”, “réhabilitation”, “aménagement”, “amélioration”, “création”, “réinvestissement”, “transformation”, “accompagnement”… L’accent est donc mis, on l’aura compris, sur une politique de développement et d’éducation. Rappelons tout de même que Jean-Pierre Balduyck, le maire socialiste sortant, est le “père” de la vidéosurveillance dans le quartier de la Bourgogne.

Isabelle Hanne

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jeudi 6 mars 2008

Roubaix - Sur la liste du Mouvement national républicain… contre leur gré

C’est la fille de Frédéric Loridan et Séverine Vandenberghe qui a appris la nouvelle à ses parents. À Roubaix, le couple de sympathisants écologistes, plutôt à gauche, se retrouve sur la liste du Mouvement national républicain conduite par Luc Van Engelandt. Ils s’estiment victimes d’un abus de confiance.

Le candidat du MNR, le parti de Bruno Mégret, réfute l’accusation portée par Frédéric Loridan : "Il a signé le document, le logo (du MNR) est visible quelle que soit la position de la feuille". Et d’assurer que les deux plaignants ont recopié à la main la mention "par la présente, je déclare ma candidature sur la liste MNR pour le premier tour des élections municipales à Roubaix". Le couple affirme avoir simplement signé le document.

"Si on avait su que c’était le MNR, on aurait dit non sans aucun doute". Séverine Vandenberghe et Frédéric Loridan, respectivement en 36e et 49e position sur la liste du médecin Luc Van Engelandt, Pour que Roubaix vive, se disent victimes d’un abus de confiance.
"J’ai d’abord cru que c’était une autre Séverine Vandenberghe, et puis ma fille m’a dit que j’y étais aussi", explique le candidat malgré lui.

"Il y aura un tirage au sort, on peut gagner 2000 euros"

Le 20 février dernier, la veille de la date limite de dépôt des listes pour les élections municipales, le facteur fait une halte chez Séverine Vandenberghe et Frédéric Loridan. Il les convainc de participer à un jeu "organisé par la mairie, contre l’abstentionnisme".
Le fonctionnaire assermenté de La Poste a les arguments qu’il faut : "il y aura un tirage au sort, on peut gagner 2000 euros". Il fait aussi miroiter à Frédéric Loridan qui est au chômage, un emploi municipal. Pour multiplier les chances de gagner, Séverine Vandenberghe s’inscrit aussi.

Selon eux, le facteur leur aurait présenté une feuille pliée en deux. Ils n’auraient eu qu’à signer en bas de la page, avec la mention "lu et approuvé". Depuis, le facteur qui démarchait pour le compte du MNR sans y adhérer a été mis à pied par sa hiérarchie.

Après avoir découvert leur présence sur la liste de Luc Van Engelandt, le couple a tenté de faire enlever leurs noms. Mais trop tard. "Mon mari a appelé ce fameux docteur, il lui a dit que si on était assez bêtes pour signer quelque chose sans le lire, il ne pouvait rien faire pour nous."
Frédéric Loridan a porté plainte au commissariat de son quartier, sa compagne compte en faire autant. Il semble que le couple n’a pas été le seul à se laisser abuser, d’autres voisins seraient également sur la liste, sans l’avoir décidé.

"La liste est définitivement enregistrée, explique-t-on à la préfecture, on ne peut plus retirer leurs noms." Sauf en cas de recours judiciaire. Mais "tant que la décision de justice n’est pas rendue, ils restent".

Hélaï Hosseini (avec Camille Polloni)

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Hellemmes - De porte en porte

La liste "Les Gens d’Hellemmes" ne représente aucun parti politique classique. Mais comme leurs adversaires, les militants se plient au traditionnel porte-à-porte, à quelques jours du premier tour.

On les identifie aux papiers jaunes qu’ils portent sous le bras. Sylvain Petit, professeur en collège et numéro cinq de la liste en trimbale une bonne pile dans sa petite voiture. "La plupart du temps, on n’a même pas besoin de se présenter, les Hellemmois ont l’habitude de recevoir nos bulletins jaunes tout au long de l’année et ils savent ce qu’on pense", explique le candidat aux petites lunettes et à la barbe poivre et sel. Quand Sylvain Petit sonne à la porte et tend son feuillet jaune, les habitants aussi savent ont déjà leur avis sur le mouvement. "Je lis régulièrement vos tracts et je suis tout à fait d’accord avec vous, lance Antoine, qui ouvre au candidat en tenue de bricolage. Le maire est en décalage total avec la réalité, il n’y a qu’à voir l’état des trottoirs!". Quelques rues plus loin, le papier jaune provoque un "calomnies!" suivi d’un claquement de porte.

Sylvain Petit poursuit sa tournée malgré le froid et des coups de sonnettes qui restent parfois sans réponse. Quand une porte s’ouvre, elle libère une vague de chaleur parfumée au menu du soir. "Bonjour monsieur : bon ben je viens simplement vous donner notre dernier tract, et puis vous expliquer qu’on est les plus beaux les plus gentils", s’introduit le candidat qui ne veut surtout pas passer pour un homme politique. L’électeur potentiel, la quarantaine, porte visiblement peu d’intérêt à la chose publique. "C’est pas que je m’en fiche, mais j’en sais rien du tout. Je nage complètement en politique". Le candidat s’accroche, explique : "Mais nous aussi monsieur, on est des amateurs, on est pas des politiques". Après un long échange –argumentation contre regard sceptique-, la conversation se termine sur un "mouais, je sais pas, chacun son truc vous savez".

Gisèle Hubert, numéro quatre de la liste, rejoint son colistier dans la quête aux électeurs. "J’adore faire du porte-à-porte, affirme-t-elle d’un large sourire. Ca me remonte le moral de voir qu’on nous soutient". Quelques pas plus loin, l’ancien maire socialiste Gilles Pargneaux et son premier adjoint Frédéric Marchand démarchent les habitants sur le trottoir d’en face. Les adversaires traversent la rue et échangent des poignées de main. Les sourires sont courtois, mais tendus.

La prochaine porte s’ouvre sur un petit homme au pull et aux chaussons usés. Hellemmois depuis puis de 50 ans, il attrape le tract, le plie rageusement et s’énerve. "Vous, vous dites vraiment n’importe quoi : moi j’aime mon quartier, il est propre et il est calme. Beaucoup de choses ont été faites par la mairie". Gisèle se lance : "Peut être que ça va bien dans votre quartier, mais pas dans tous!"

Dans la maison suivante, une ancienne conseillère municipale se prépare pour la réunion publique du candidat socialiste. "Ce que vous dites est malhonnête. Par exemple vous montrez une photo de voitures brûlées sur vos tracts alors qu’il n’y en a pas tant que ça dans la ville. Faites plutôt des propositions". "Mais nous en avons fait Madame, réplique Sylvain Petit, mais le conseil communal ne nous a pas écoutés depuis 2001".

Ca suffit pour aujourd’hui. Ils recommenceront demain.

Elodie Raitière

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Lille - Brigitte Mauroy et la polémique sur l’excision: “Une manœuvre ignoble”

Place de la République, jeudi 6 mars, 15 heures. Le quartier général de Sébastien Huyghe est comble. Les journalistes attendent les déclarations de Brigitte Mauroy.
La veille, l’hebdomadaire Charlie Hebdo a sorti une lettre de 2004 dans laquelle le médecin Gérard Zwang accusait la colistière UMP de légitimer l’excision. Cette lettre a commencé à apparaître sur les blogs de la métropole le 8 janvier dernier, trois jours après l’annonce de sa candidature.


Je suis indignée comme femme, comme médecin et comme citoyenne”. Brigitte Mauroy est visiblement mal à l’aise face au tourbillon médiatique dont elle a été protagoniste ces derniers jours. “C’est une manœuvre ignoble, basse et calomnieuse. Je sais que Sébastien Huyghe n’aurait jamais pu faire une telle chose et c’est pour ça que je suis deuxième sur sa liste.”

En bataille contre les mutilations féminines

Une brève leçon d’anatomie, enrichie par la présence de Maurice Laude, doyen de la Faculté de médecine d'Amiens, a clarifié la différence entre circoncision et excision. Dans le Dictionnaire de la sexualité humaine, qui avait déclenché la polémique avec M. Zwang, Mme Mauroy faisait de la simple “revue de littérature”, en citant le Traité d’anatomie humaine de Latarget (1949). “J’ai toujours été engagée dans la bataille contre les mutilations féminines. Mes publications aussi bien que les conférences que j’ai organisées sur ce sujet le prouvent.”

Sébastien Huyghe, lui, a à nouveau qualifié ses adversaires de “fascistes”. Comme titré par Lille Plus , il s’agit selon lui d’un “coup dur” dans la campagne. “Il est clair que le fait que Brigitte Mauroy soit sur notre liste est gênant.”

Selon Brigitte Mauroy, Charlie Hebdo a été assigné en diffamation. Le responsable (son nom n’a pas été dévoilé) de la diffusion sur les blogs de la lettre de Gérard Zwang aussi.
La candidate a souhaité que cette campagne reste propre et loyale: “C’est dans la famille qui porte le nom Mauroy que j’ai appris le respect de la liberté”, souligne la nièce la plus discutée de Lille.


Nicola Accardo











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Hellemmes – Les Gens d’Hellemmes en campagne depuis sept ans

Avec 37% des voix lors de leurs premières élections municipales en 2001, Les Gens d’Hellemmes ont surpris leurs adversaires. Ce "mouvement de la société civile" qui se revendique différent des grands partis politiques vise cette fois la tête de la mairie. Nabil El Haggar, tête de liste, commente sa stratégie pour arracher la commune de 19000 habitants au parti socialiste.

"Les Gens d’Hellemmes", ce n’est pas un parti, c’est un "mouvement" politique". L’association qui se présente aux municipales pour la deuxième fois a obtenu six sièges aux dernières élections. Elle tient à se démarquer des pratiques des grandes formations. "Chez nous, on ne fait pas de différence entre les encartés et les personnalités puisqu’il n’y a que des personnalités!", revendique Nabil El Haggar, tête de liste.

Pas de langue de bois, pas de marché, mais plus de porte à porte. C’est la stratégie revendiquée par Nabil El Haggar. "Nous on ne va pas sur les marchés, les gens en ont marre de voir les tracteurs en rang d’oignon boucher l’entrée du marché". En réalité, ils y vont car le marché reste un incontournable en période électorale, mais pas à l’entrée, où sont les autres. Leur méthode favorite reste le porte à porte. "Les Hellemois ont l’habitude de nous voir, car contrairement aux grands partis politiques qui se réveillent tous les sept ans, nous avons une action permanente, en dehors des élections". Les Gens d’Hellemmes ont pris l’habitude de se retrouver lors de "cités cafés" avec des habitants, et distribuent régulièrement leur "bulletin" dans les boîtes aux lettres.

Pas de subventions, des cotisations

Des méthodes de campagne peu coûteuses, pour une association qui ne bénéficie pas d’aide de l’Etat, première source de financement des partis politiques. Les subventions sont réservées aux partis qui ont obtenu au moins 1% des suffrages exprimés dans minimum 50 circonscriptions aux dernières élections municipales. "C’est totalement injuste, s’insurge le candidat. Si nous n’avons pas de dimension nationale, l’Etat ne nous accorde aucune subvention". L’association se nourrit donc de cotisations. "Mais on devrait très probablement être remboursé de nos dépenses de campagne", affirme Nabil El Haggar, confiant d’atteindre les 5% de suffrages exprimés nécessaires.

Elodie Raitière

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Lille - Sébastien Huyghe seconde Brigitte Mauroy à la cuisine



Jacques Richir (MoDem) avait ouvert le bal. La semaine dernière, c’était Eric Quiquet (Verts) qui honorait la table d’hôtes du jeudi de la maison de quartier de Wazemmes. Sébastien Huyghe (UMP) s’est essayé à l’exercice. Non sans mal.


"T’as la confiture de groseille?" "Elle est où la salade?" "Je jette l’eau des champignons?" "Non, surtout pas !" Sébastien Huyghe et Brigitte Mauroy étaient au fourneau jeudi à la maison de quartier de Wazemmes. Au menu : salade de mâche à la flamande, poule à la crème et ses petits champignons et en dessert, tarte au sucre et pommes au four. Sans oublier l’apéritif : Chuch'Mourette, du genièvre au cassis. "Un repas flamand pour Lille, la capitale des Flandres." Si la décision a été consensuelle, c’est bien la numéro 2 de la liste UMP qui a choisi le menu. Et "c’est maman qui a fait les courses".

Sébastien Huyghe l’admet : il ne cuisine pas beaucoup. Quant au tablier familial "Madame est servie", il l’inaugurerait presque. "C’est Brigitte à la manoeuvre, elle est spécialiste."





Brigitte Mauroy mène la danse et donne quelques consignes. "Vous avez mis tous les légumes ensemble?" "François, tu veux bien me ramener un peu de choux?" "Quelqu’un peut soulever le couvercle?" Alors Sébastien Huyghe épluche les navets, lave la mâche et se bat avec l’ouvre-boîte pourles champignons ! Il cherche un plat, glisse un mot à ses commis, Daniel Beaussaert et François Kinget, tous deux sur sa liste.





Quand il arrive à sortir le plat d’oignons bloqué dans le four, Brigitte Mauroy s’exclame : "Vous voyez bien qu’il doit être maire de Lille cet homme-là, il nous décoince toutes les situations." Cuisine électorale ? Pour Huyghe, "c’est l’occasion de rencontre des gens." Pas les membres de l’atelier cuisine de la maison de quartier en tous cas, avec qui l’échange sera lapidaire. Deux tables de travail. Deux groupes. Pas de mélange. Laetitia, bénévole à l’atelier, s’étonne : "C’était pas la même ambiance la dernière fois."

12h30. On s’affaire. La tarte au sucre n’est pas prête, un peu en retard dans le programme. Sébastien Huyghe met les assiettes de salade sur le plateau. Les oignons sont un peu brûlés.
Brigitte Mauroy s’en va avant le déjeuner: "Vous me direz si c’est bon." Et promet un tagine pour la prochaine fois. Jeudi prochain, ça sera au tour de Martine Aubry. Pour un apéritif uniquement. Et Brigitte Mauroy de conclure : "C’est quand même la place de la femme d’être en cuisine."

Julie Albet et Renée Greusard,photos : Aude Rouaux

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À plus de 80 ans, ils votent encore

Le droit de vote, ils connaissent. À plus de 80 ans, cela fait 60, 70 ans parfois qu’ils l’exercent. Mais quand on se retrouve seul chez soi, s’intéresse-t-on toujours à la vie politique ? A-t-on encore envie d’aller voter ? Comment faire lorsque l’on n’est pas autonome ?

Seules, isolées, les personnes âgées les plus pauvres sont souvent marginalisées. À Lille, l’association Les Petits frères des pauvres s’occupe de ces personnes "mises de côté". Les bénévoles de l’association rendent visite aux personnes âgées, leur font leurs courses, leur tiennent compagnie… Et les incitent à continuer à voter.

Marie-Hélène Douilly est chef de service chez les Petits frères des pauvres. "On ne force jamais les personnes âgées à se rendre aux urnes, mais les bénévoles leur rappellent qu’il y a une élection et leur expliquent pourquoi c’est important d’y participer. Après, on va les chercher et on les amène au bureau de vote." Mais les bénévoles ne peuvent pas légalement prendre en charge les procurations. Pour les personnes ne pouvant pas se déplacer, il faut donc pouvoir compter sur un voisin ou ami pour faire une procuration : "Nous sommes une association apolitique. Nous ne voulons pas intervenir dans le vote de ceux à qui nous venons en aide."

"Parfois c’est la personne âgée qui demande d’aller voter." Mais même marginalisée, la majorité des personnes âgées continue à s’intéresser à la politique. "Surtout pour les élections municipales, ajoute Marie-Hélène Douilly, ça reste encore présent dans la vie de la personne âgée. Le maire est une personnalité importante pour elles." Pour Marie-Hélène, il est important que les personnes âgées restent "des citoyens à part entière". Elles aiment souvent parler politique avec les bénévoles. "Il y a souvent des petits débats lors des visites des bénévoles ou pendant les goûters que nous organisons."

Preuve que, même suivie de loin, la vie politique continue à intéresser. "C’est parfois même la personne âgée elle-même qui demande au bénévole d’aller voter !" Une façon de continuer à faire partie de la société qui "les oublie parfois". "Il reste beaucoup à faire pour les personnes âgées, affirme Marie-Hélène, notamment au niveau du logement".

Dimanche après-midi, un bal sera organisé pour les bénévoles et les personnes âgées qui se seront rendus au bureau de vote. L’occasion de se retrouver en bonne compagnie… Et une motivation de plus pour aller voter.
Diane Desobeau

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Voter derrière les barreaux

Une fois enfermés, les prisonniers ne participent plus à la vie de la cité. Pourtant, la plupart des détenus français peuvent voter. Peu le savent, à commencer par eux. De l’inscription sur les listes électorales à l’information sur la campagne, comment s’organise le vote en prison ?

"Ne quittez pas, je vous repasse le standard…" Après avoir fait le tour des musiques d’attente de tous les services de l’administration pénitentiaire, retour au Service d’insertion et de probation. Difficile de savoir qui organise le vote des détenus pour le scrutin de dimanche. Puisque les détenus ne sont pas tous privés de leurs droits civiques, les établissements pénitentiaires sont tenus de les informer de la marche à suivre. Les travailleurs sociaux s’en chargent.

A l’automne dernier, Nadia Aouadi a envoyé un courrier à tous les prisonniers du centre de détention de Maubeuge. "Une note simple avec les dates des élections municipales et les différentes procédures pour voter : ceux qui ont de la famille ou des amis pour les représenter sur leur commune d’origine peuvent voter par procuration. Les autres sont obligés de voter sur leur lieu de détention donc à Maubeuge."
Même fonctionnement à la maison d’arrêt de Douai. "Les détenus isolés sont domiciliés au Centre communal d’action sociale et inscrits à Douai. Pour ces gars qui n’ont personne, on cherche des visiteurs de prison bénévoles qui veulent bien voter pour eux.", explique Fred Krepa, travailleur social.
Une fois les démarches administratives assurées, reste la question de l’information. "C’est le gros problème, concède Nadia Aouari, il n’y a pas vraiment d’information. J’aurais aimé faire intervenir quelqu’un de la mairie mais personne ne s’en occupe et nous, les travailleurs sociaux, manquons de temps." Pour Fred Krepa, c’est le type de scrutin qui rend matériellement impossible une véritable information. "A Douai, il y a des détenus qui viennent de partout en France, on ne peut pas diffuser les professions de foi de tous les candidats. Pendant les présidentielles, là on avait tous les programmes."

Un abstentionnisme record


Sur les 400 détenus de Maubeuge, entre 30 et 40 voteront dimanche. "C’est énorme pour un établissement pénitentiaire", rappelle Nadia Aouadi. Sur les 540 bulletins envoyés, Fred Krepa n’a eu que 100 retours. Comme il y a toujours des dossiers incomplets, seulement 60 voix s’exprimeront à Douai pour le premier tour. Fred Krepa y était pendant la campagne présidentielle, il rappelle que le désintérêt des détenus cette année est aussi dû à la nature du scrutin. "A l’image de la société, les gars étaient beaucoup plus mobilisés pendant la présidentielle. Ils étaient mieux informés grâce à la télé et il y avait même des débats politiques à la bibliothèque. Les municipales, personne n’en parle ici, même pas nous dans les services." Délicat pour ces électeurs de se sentir concernés par des enjeux municipaux, dans des lieux avec lesquels ils n’ont plus d’attaches.

Amélie Tulet

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Et les autres ?

SDF, prisonniers, personnes âgées isolées… un électorat marginal, des voix peu courtisées par les candidats. Parmi une population qui se tient souvent hors du jeu politique, certains continuent de voter. Comment ceux qui le souhaitent encore accèdent-ils aux urnes ?

Voter derrière les barreaux, par Amélie Tulet.
A plus de 80 ans, ils votent encore, par Diane Desobeau.
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Lille - A Wazemmes, le "cœur battant" pour Martine Aubry

Jeudi matin, la candidate PS était au marché de Wazemmes. Une façon de tâter le terrain et de prendre l’ambiance avant le premier tour des élections, dimanche.

"Oh attends, c’est Martine". Juliette, étudiante, abandonne sa copine pour apercevoir la candidate et lui serrer la main. "ça fait plaisir!" s’exclame-t-elle. Une expression qui reviendra souvent au cours de la matinée. Martine Aubry à Wazemmes, ce n’est pas "madame le maire" mais "Martine", celle qu’on tutoie et qu’on prend par le bras.
Au café Chez Ben, Laurence, "la femme de Ben", lui fait même la bise : "je la connais très très bien. Avec Martine, c’est une grande histoire d’amour. On leur a fait le couscous, pour une trentaine de personnes". Mais pas le temps de revenir sur ces souvenirs de déjeuner de campagne, la candidate a déjà filé.
Sur son passage, elle suscite la curiosité, et parfois, la ferveur: "Que tous ceux qui votent pour Martine Aubry lèvent la main !" lance le maraîcher. Plusieurs doigts se lèvent.




Un enthousiasme qui ne surprend pas Martine Aubry : "à Wazemmes comme partout, on est accueilli de façon très chaleureuse, très simple. Il y a beaucoup d’adhésion à notre projet". Mais Wazemmes occupe une place spéciale car c’est là que la candidate a choisi d’installer son bureau de campagne. "C’est un peu le cœur battant de Lille, explique M. Aubry. C’est un vrai quartier mixte. On vit bien ensemble ici." Avec leurs écharpes bleues siglées au nom de Martine Aubry, les militants PS sont connus dans le quartier. Un accoutrement que certains jugent "ridicule", comme Jacqueline, habituée du marché : "ça me prend à rebrousse-poil, affirme t-elle, c’est comme ceux qui préparent la cuisine et épluchent les patates, tout ça c’est du cinéma." Khalid, qui a récupéré une écharpe des mains de M. Aubry, n’est pas du même avis : "c’est comme la légion d’honneur !" dit-il en souriant. Comme beaucoup, il aura juste croisé la route de la candidate, ce matin.
En une heure, Martine Aubry aura eu le temps de se rassurer : le cœur de Wazemmes vibre pour elle.

Pauline Froissart, sons : Julie Pietri

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Tourcoing - Christian Vanneste : "Si vous pouviez ressortir le dossier ?"

On ne présente plus Christian Vanneste. On devrait peut-être… Après un entretien d’une dizaine de minutes avec le candidat, un habitant de la rue du Bois s’étonne: “Ah, c’était lui, en fait ! Je ne savais pas…





Mercredi, Christian Vanneste parcourt le quartier Brun Pain à Tourcoing. Un après-midi de porte en porte, à la rencontre des propriétaires des maisons du quartier, son électorat potentiel. Un chauffeur de bus klaxonne et salue le candidat UMP et son équipe en les croisant. “Même les chauffeurs de bus sont avec nous!”, plaisantent les militants.

La dizaine de personnes qui accompagne le candidat, débroussaille le terrain. Ils sonnent, présentent en quelques mots le programme du candidat, proposent aux habitants de rencontrer le député de Tourcoing-Nord. La garantie pour Christian Vanneste de ne pas essuyer de refus direct. Mais rares sont les portes qui restent closes dans ce quartier. Les militants sont confiants: “On est toujours très bien accueillis. C’est très rare quand on nous ferme la porte”. “Les propriétaires de petites maisons nous sont généralement favorables” explique Gérald Darmanin, cinquième sur la liste et directeur de campagne. Les cités du quartier de la Bourgogne ne sont pas prévues au programme.

Christian Vanneste sourit, serre les mains, multiplie formules de politesse et anecdotes: “Bonjour, je viens en voisin.”, “J’aime beaucoup votre carrelage, c’était le même chez moi!”. Il écoute et prend des notes. Christian Vanneste relève dans un calepin, les noms de ses interlocuteurs et les points évoqués avec eux : “C’est pas seulement des notes, c’est des projets d’intervention”, indique-t-il.

L’exercice est périlleux: être agréable et promettre d’intervenir en restant crédible. Le candidat se retrouve parfois dans des situations inconfortables: un habitant lui reproche de ne pas s’être penché sur un dossier qu’il lui a soumis. Christian Vanneste répond :
Moi, je ne vous ai jamais écrit?
_ Jamais.
_ Mais votre dossier est récent, non?
_ Non, il a plus d’un an. Et impossible de prendre rendez-vous avec vous.
_ Oui, à la permanence, on n’a jamais le temps. Mais je vais m’en occuper tout de suite, vous allez voir.”
Joignant le geste à la parole, le candidat appelle son bureau et demande: “Si vous pouviez ressortir le dossier et prévoir un courrier”.
Assez pour convaincre son interlocuteur? Pas sûr: “J’attends de voir comment on s’occupe de mon problème avant de décider pour qui je vote”.


Anne Cantener

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Lille - À quand le vélo dans le Vieux-Lille ?

Les pistes cyclables font toujours défaut dans le Vieux-Lille. Pas facile d'être cycliste dans le quartier. Pourtant les programmes électoraux ne proposent rien pour améliorer cette situation.

Les vélos ne trouvent pas leur place dans le Vieux-Lille. Les pavés, les routes étroites, la circulation des voitures et des camions de livraison, rendent périlleux les déplacements à vélo.
La plupart des candidats consacrent une partie de leur programme à l’extension du réseau de pistes cyclables, mais rien n’est dit sur ce quartier. Et pour cause, d’autres s’y sont déjà cassé les dents.

En 2004 la rue d’Angleterre a été équipée d’une piste cyclable à contre-sens, ce qu’on appelle un "double sens cyclable". Durée de vie de l’aménagement : une semaine. La peur des cyclistes de rouler en sens inverse, les difficultés de stationnement des camions de livraison et la grogne des commerçants ont eu raison de l’expérience.
Marc Santré, actuel adjoint au maire chargé des déplacements et de la voirie, est également cinquième sur la liste des Verts. Il est à l’origine du projet avorté. "La question des pistes cyclables dans le Vieux-Lille n’est pas inscrite dans le programme des Verts, mais nous souhaitons poursuivre les projets en cours et tendre vers une généralisation des double-sens", précise Marc Santré. En projet, des pistes cyclables porte de Gand et rue Jean-Moulin, ainsi que la mise en place d’un double-sens cyclable rue Royale.
Mais la peur des cyclistes de rouler en sens inverse risque de poser encore problème "Si on ne poursuit pas la politique du double-sens cyclable, il faudra remettre la circulation générale à double-sens", conclut Marc Santré.

Pas sûr que les rues étroites du Vieux Lille le permettent, pourtant…
L’Association droit au vélo (Adav) propose une solution plus radicale : "faire du Vieux Lille une zone piétonne". C’est ce que déclare Sébastien Torro-Tokodi, chargé de mission pour l’association. Faute de mieux, l’Adav est favorable à la généralisation des double-sens cyclables dans le Vieux Lille. Sur l’ensemble de la ville, la plupart de leurs demandes ont déjà été entendues : "80% des aménagements sont issus de nos propositions", confirme Sébastien Torro-Tokodi. C’est le fruit du groupe de travail vélo, mis en place après l’élection de Martine Aubry en 2001. Marc Santré, l’Adav, les services de la ville et de la voirie, se réunissent tous les deux ou 3 mois. C’est l’occasion pour l’association de faire remonter les requêtes des usagers. Les projets sur le Vieux Lille en font partie.

Anne Dory

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Lille - Daniel Cohn-Bendit : "Les Verts lillois ont le mérite d’être restés unis".


Les Verts ont leur guest star . Invité pour un café politique au café Morel à Lille, Daniel Cohn-Bendit a vanté les mérites des Verts lillois. Pour lui, le grand défi des Verts est d’arriver à imposer l’urbanisme écologique. Morceaux choisis.




Lentement, mais sûrement. Pour Daniel Cohn-Bendit, les idées écologistes s’infiltrent petit à petit dans le débat public, mais mettent du temps à s’imposer. Pour exemple, le succès des vélos en libre-service: une idée vieille de… 40 ans.
La ville, c’est le terrain privilégié de l’écologie pour le président des Verts européens.






Daniel Cohn-Bendit insiste : les Verts n’ont pas seulement un rôle de conseillers en écologie. Leur rôle est de peser sur le débat politique face à un PS parfois frileux sur les questions d’urbanisme.
Il ajoute: "il ne s’agit pas d’avoir raison mais d’être capables d’emmener la population, de prendre les gens par la mains pour faire évoluer les choses".





A Lille, " pas de drame ", puisque la gauche est majoritaire. Les Verts misent sur un score satisfaisant et une position influente au conseil municipal. Ils ne craignent que le score du Modem, un parti "inutile, un no man’s land politique" selon Daniel Cohn-Bendit. "Le vote vert est plus constructif donc plus difficile. En tant que Vert, on doit se mouiller, et agir intelligemment en politique".
Sur ce sujet, "Dany" fait confiance à l’équipe lilloise, à qui il décerne un "prix d’excellence".





Mathilde Bellenger (avec Charlotte Piret, photos Caroline Heurtault)

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Lille - Le Faubourg de Béthune entre deux feux

Un délire d’architecte. Voilà comment Habib décrit le centre social Concorde à peine rénové. Des salles trop grandes, un espace peu adapté aux besoins des habitants... Les travaux n’ont pas contenté tout le monde. Pourtant, les réussites ne manquent pas au Faubourg de Béthune : la construction de la médiathèque et du mur anti-bruit qui sépare les immeubles de l’autoroute, le faubourg des musiques, le jardin des cocinelles et les nombreux jeux pour les enfants dans les squares... Côté loisirs, un stade a été construit et le jardin des sports devrait ouvrir en 2009.

Mohamed Azaoum, président du panther’s club de Lille, se réjouit de cette nouvelle offre sportive.



La boxe thailandaise, ce trentenaire la pratique à Wazemmes avec son association. Il entend bien importer son activité dans son quartier et profiter ainsi de la nouvelle dynamique sportive. Pour Mohamed, Walid Hanna est pour beaucoup dans le renouvellement du faubourg. Le président du conseil de quartier est aujourd’hui porte-parole ode Martine Aubry.
Laure Robart voit quant à elle le renouvellement dans l’embellissement du quartier.




A 77 ans, cette ancienne professeur de français et d’espagnol est une véritable institution dans le quartier. Elle y est née, dans une maison en brique du Vieux Faubourg. Aujourd’hui, cette retraitée est conseillère de quartier et oeuvre dans la commission pour la propreté. Elle attend avec impatience que la rue du Faubourg de Béthune soit d’avantage végétalisée.
L’habitat, par contre, n’est pas de toute beauté. Le plus petit quartier de Lille en superficie est bordé par le périphérique et traversé par les anciens boulevards industriels qui habritent toujours les grands ensembles d’habitat social. "Qu’elle vienne voir Martine Aubry dans quelles conditions sont logés les gens, se plaint Habib. Même si l’exterieur a été rénové, l’intérieur est parfois insalubre." Dans un quartier qui compte 77% de logements sociaux, beaucoup de rénovations restent à faire.
Tous les habitants s’accordent au moins sur une chose : le besoin d’une nouvelle mairie de quartier. Dans son programme, Martine Aubry prévoit la construction de cette mairie à un emplacement qui reste à déterminer par les habitants. Du temps de Pierre Mauroy, on en parlait déjà. "L’Arlésienne", selon Habib.
Julie Albet

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Lille - Vers une “ville accessible pour tous” ?

En France, près de 3 millions de personnes sont handicapées moteur. Pour elles, se déplacer, se divertir et plus largement participer à la vie de la cité est bien souvent un vrai casse-tête. Les élections municipales représentent une occasion de rappeler aux différents candidats leurs difficultés quotidiennes. À Lille, l’accessibilité aux lieux publics reste à améliorer.

"Je suis obligé quand je sors d’avoir quelqu’un derrière moi". Si Alexandre, 18 ans, prend cette précaution, c’est parce qu’il se déplace en fauteuil roulant:"Les trottoirs et les bordures sont trop hauts. Quand je monte, j’ai toujours peur que mon fauteuil bascule en arrière." En dépit des différents aménagements déjà mis en place à Lille, Alexandre continue d’avoir peur.

La bonne volonté des élus est souvent mise à mal par le comportement de certains citoyens. "Quand il y a des voitures garées sur le trottoir, ça peut nous mettre dans des situations dangereuses parce qu’on est obligé de descendre sur la route", ajoute Audrey, également en fauteuil roulant. Cette étudiante affirme pourtant qu’on ne peut pas tout adapter et semble se résigner.

Se rendre dans certains quartiers relève pour elle d’un vrai parcours du combattant. Le charme pittoresque du Vieux Lille n’est pas apprécié de la même façon par les valides et les personnes à mobilité réduite. Les pavés rendent en effet quasiment impossibles les déplacements en fauteuil.

L'accès aux lieux publics est lui aussi problématique. La plupart des candidats ont à cet effet prévu dans leurs programmes une meilleure accessibilité aux théâtres, aux musées et à l’opéra. Mais ce qu’Alexandre et Audrey souhaitent par-dessus tout, c’est de pouvoir vivre comme tous les autres jeunes, aller en boîte de nuit ou au cinéma. Ce qui ne leur est malheureusement pas toujours possible. Arriver devant une boîte de nuit et être interdit d’entrée à cause des marches ou devoir se faire porter par un ami au cinéma sont des situations qu’ils aimeraient ne plus avoir à vivre.


Circuler en ville, une autre paire de manche

Audrey et Alexandre espèrent que
le futur maire de Lille veillera à ce que les aménagements dans le métro fonctionnent bien:"Les ascenseurs dans les stations de métro ne marchent pas toujours. Une fois à destination, on doit parfois reprendre le métro et descendre quelques stations plus loin, où les ascenseurs sont en bon état". Alexandre et Audrey, âgés de 18 ans cette année, peuvent maintenant voter. Au-delà des promesses de campagne, ces nouveaux électeurs attendent du futur maire de Lille qu’il ou elle responsabilise les habitants de sa ville.

Car des automobilistes stationnent sur les trottoirs. Dans les magasins, des cabines d’essayage accessibles aux handicapés sont transformées en réserve et les bâtiments publics n’ont pas tous une rampe d’accès.
Lille "ville accessible pour tous"… Demain peut-être!



Anne DORY / Marilyne GANDEKPINZOUN

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Lille - Sébastien Huyghe et son "double"

Le personnage central du dernier polar d’Emmanuel Sys ressemblerait comme deux gouttes d’eau au candidat UMP Sébastien Huyghe. C’est en tout cas l’avis de l’éditeur et des médias. Retour sur la naissance du double littéraire de Sébastien Huyghe.



Tout commence l’été dernier. Gilles Guillon éditeur chez Ravet Anceau profite de ses vacances pour relire le dernier manuscrit d’Emmanuel Sys. Quelques mois auparavant, l’auteur lui a remis le polar sous le titre d’Ennemi acharné. L’intrigue tient en quelques mots: un homme, Yves Frémaux, est victime d’une agression. Le personnage porte plusieurs casquettes : candidat de la droite aux élections municipales, homme d’affaires, chef d’entreprise…

A la relecture, Gille Guillon bondit: bon sang mais c’est bien sûr, ce candidat décrit comme "l'homme fort de l’UMP dans la région notamment à Lille , la quarantaine tonique, considéré comme la valeur montante de la droite dans le Nord , ce candidat idéal pour arracher à la droite dans le Nord" c’est Sébastien Huyghe, challenger de Martine Aubry aux élections municipales.

Aubaine commerciale
"L’âge, l’ambition, les circonstances de sa venue en politique…tout concorde!" s’enthousiasme encore aujourd’hui l’éditeur, réjoui d’une telle aubaine commerciale à quelques mois des échéances électorales. "L’ancien député Christian Decocq venait d’être battu aux élections législatives et annonçait qu’il abandonnait la course aux municipales, laissant la place à un jeune loup aux dents longues". Au moment de la sortie du roman fin 2007, les communiqués de presse envoyés aux journalistes s’attardent volontiers sur l’analogie entre la toile de fond du livre et la situation politique lilloise.

L’éditeur choisit un titre de circonstance -Chaud Beffroi- et barre le livre d’un bandeau rouge "Qui veut la peau du candidat?" L’emballement médiatique est lancé : on parle du "double" de Sébastien Huyghe, le livre se voit offrir une place dans le journal des municipales de France 3. "Un traitement inhabituel pour un polar" reconnaît l’éditeur. Quelques journaux comme La Voix du Nord s’attardent sur la qualité littéraire du livre. Emmanuel Sys est rapidement dépassé par les réactions de la presse. Et pour cause, le passage consacré aux municipales tient en tout et pour tout en …quelques lignes "C’était au départ juste un clin d’œil. Le personnage principal aurait pu être boucher, professeur ou pratiquer n’importe quelle autre profession…l’aspect politique ne correspond qu’à une partie minime du livre".

"c’est toujours agréable d’être interviewé pour ses romans"
L’auteur reconnaît bien volontiers que cela lui a permis d’obtenir une plus "grande visibilité, c’est toujours agréable d’être interviewé pour ses romans". Quid des retombées ? Au Furet du Nord, il en part 30 par mois, un bon chiffre selon le responsable du rayon polars. Dans les QG des candidats, on ne s’est pas bousculé pour le lire. Au salon du livre de Bondues, un militant de Sébastien Huyghe est reparti avec un livre dédicacé sous le bras, promettant de le lire, "après les élections" a t il précisé.

Aujourd’hui, Emmanuel Sys admet qu’il a été légèrement gêné de voir son livre réduit à un fond politique inexistant. "C’est un polar, c’est ce que je me tue à dire. Et non un livre politique". Et puis sur de nombreux points, Sébastien Huygue se différencie d’Yves Frémaux. On a du mal à imaginer le candidat UMP cacher aux plus fins investigateurs des médias de la région le restaurant et la boîte de nuit que son double fictionnel dirige…"Toute ressemblance avec des personnages existant ou ayant existé ne serait qu’une pure et bien involontaire coïncidence". Le lecteur était pourtant bien prévenu.

Marine Pennetier

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Tourcoing - Liste PS : Tourquennoises en campagne

A quatre jours du premier tour, les colistières de Michel Delannoy font le point et apparaissent plus que jamais mobilisées. Elles étaient une quinzaine mardi soir, toutes réunies 69 rue de Ménin à Tourcoing dans le local du candidat PS.

"Nous voulons montrer aux femmes de Tourcoing qu’elles aussi peuvent prendre position. Sur la liste il y a des femmes issues de la société civile, non affiliées à un parti, qui sont des mères de famille engagées dans leur quotidien", explique Sylvie Boudry-Lhermitte, numéro deux de la liste de Michel Delannoy. "C’est une belle campagne, rajoute t-elle. On est épanouies et solidaires entre colistières."

Dans le programme du candidat PS, les colistières ont joué un rôle crucial dans l’élaboration du projet concernant les femmes : lutte contre la violence conjugale, contre l’exclusion et la solitude des femmes âgées, contre la précarité des mères seules.
Autant de questions qui "ne sont pas des problèmes de femmes, mais des problèmes de société plus globaux", martèle Catherine Bacon, numéro quatre sur la liste. "Les hommes ne peuvent pas être absents de la lutte pour les droits des femmes, ajoute t-elle, même s’il est vrai que les femmes sont les premières à se mobiliser sur certaines questions comme le mode de garde des enfants, la cantine..."

Elles se promettent d’être "vigilantes" sur les questions des femmes et de garantir la continuité de l’action menée par le maire sortant Jean-Pierre Balduyck (PS). "Il y a une vraie volonté de se pencher sur ces problèmes, et un partage du pouvoir efficace", soutient Sylvie Boudry-Lhermitte. Même si, sourit la numéro 6 Dominique de Clercq-Danel, "quand les hommes seront délégués à la petite enfance et les femmes aux travaux, là ce sera la vraie égalité !"

Léa OUTIER

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Lille - Aubry s'offre une réunion béton au Faubourg de Béthune












Pour sa dernière réunion publique de la campagne du premier tour des municipales 2008, la candidate socialiste a choisi d'aller à la rencontre de quelque 350 habitants du Faubourg de Béthune. Sage décision. Dans la salle, pas une critique, pas un sifflement, tous se disent "à 100% avec Martine". Un
ras-de-marée socialiste qu'annoncent les récents sondages.

"Cela n'est jamais gagné d'avance." Réaction attendue de Martine Aubry au sujet du résultat sans suspense des municipales de dimanche : la maire sortante remporterait plus de 48% des voix au premier tour selon des sondages réalisés par les Instituts CSA, Ifop et Ipsos. Face à des habitants du Faubourg de Béthune totalement acquis à sa candidature, la maire de Lille a exposé son programme et réaffirmé son impression d'être "en permanence" présente dans les quartiers.

Inutile de chercher la contradiction : dans la salle de l'école Samain Trulin, le public évoque une femme "abordable", "solidaire" et "citoyenne". "Une maire pour Lille, une maman dans les quartiers", sourit Fatima, habitant le Faubourg depuis 27 ans. "Elle a réussi à gagner le coeur des Ch'tis", soutient une infirmière du quartier. Même Cyril, 7 ans, la trouve "géniale". Bref, "que demande le peuple", ironise Hassan, 31 ans.


Cyril, 7 ans, plongé dans la lecture de la profession de foi de la candidate socialiste.

Dalida, elle, a des choses à réclamer. Tout au long de la réunion, elle prend des notes. "Il y a du travail à faire, explique-t-elle, surtout pour l'éducation et l'hygiène." Aucune colère cependant dans le regard de cette femme de 43 ans. C'est "avec Martine" qu'elle voit l'avenir. En rose ? Il faut croire que oui. Maleck, jeune maman, se dit "à 100% avec Mme Aubry, surtout pour les crèches". La candidate veut accueillir 350 enfants de plus dans ces structures.

Un consensus qui s'explique par l'écoute bien réelle que Martine Aubry accorde aux habitants à travers les réunions de quartiers d'une part. Mais aussi par le manque de présence des autres candidats. Difficile de s'opposer à la maire sortante. "On ne connaît qu'elle", avoue Farida, 36 ans. "On a l'impression qu'elle vit dans les quartiers", ajoute Fatima. Et Zakia de renchérir : "On a l'habitude avec elle." Hassan avoue qu'il n'a pas jeté un oeil au programme de la droite. A cinq reprises, Martine Aubry se fera applaudir sur son bilan. Un privilège lié à sa position de maire sortante. Tout comme celui de féliciter les membres de la vie associative du Faubourg présents dans la salle.

Détendue, Martine Aubry connaît sa présentation sur le bout des doigts. Ses colistiers en ont profité pour ajouter quelques photos marrantes à son diaporama : un plat de nouilles, le coup de tête de Zidane et le bébé singe Gibon du zoo. La candidate s'en amuse. Elle invite même les habitants à "aller voir ensemble le petit Gibon dans quinze jours".

Nathalie Gros

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Hénin-Beaumont - La mairie à portée de tir pour le FN

La dernière réunion publique du Front national avant le premier tour s’est tenue le 5 mars à Hénin-Beaumont. Pour l’occasion, les candidats ont sorti l’artillerie lourde. A l’approche du scrutin, la cible à abattre est le maire sortant Gérard Dalongeville.




"Hénin-Beaumont, 2008: 85% d’augmentation de la fiscalité locale, un déficit de douze millions d’euros en deux ans, un taux de chômage de 20%..." La voix-off de Marine Le Pen résonne dans salle. Projeté sur grand écran, le DVD du clip de campagne du Front national n’a rien à envier à une bande-annonce d’une superproduction hollywoodienne. Dans un sens de la mise en scène décidément bien maîtrisée, à la fin de la projection les lumières se rallument. Elles laissent apparaître le ticket Briois-Le Pen, traversant la salle sous les acclamations de près de deux cents militants et sympathisants.

30 000 euros investis
À Hénin-Beaumont, le Front national n’a pas hésité à sortir les grands moyens. Un tiers des quelques 30 000 euros du budget de campagne englouti pour la production du clip et la diffusion de 11 000 DVD… Rien ne semble trop beau pour partir à la conquête de ce qui pourrait être la seule mairie conquise par le parti de Jean-Marie Le Pen aux élections municipales.

C’est dans cette ambiance enthousiaste que sa fille prend la parole. Sur cette "terre de gauche", elle cherche d’abord à séduire les déçus de la "gauche bobo", "cette gauche en qui je le sais, beaucoup d’entre vous ont cru". Le symbole de cette déception selon elle, c’est Gérard Dalongeville qui l’incarne à Hénin-Beaumont.

Sur l’air du "sortez les sortants!" et bien qu’elle feigne de le reconnaître, Marine Le Pen prend en réalité acte de l’avance du ticket socialiste Dalongeville-Lienemann. Dans un dernier sondage publié par La Voix du Nord, le maire sortant était en effet donné largement devant ses challengers, devenant ainsi l’homme à abattre. Dans ce contexte, tout est permis, même les comparaisons douteuses. Gérard Dalongeville devient alors Noël Forgeard, l’ex-coprésident d’EADS, tous deux parangons de l’immoralité d’un même système à combattre. "Car s’il y en a un qui symbolise tout ce que ne doit pas être un homme politique, c’est bien le maire sortant qui je l’espère, le 16 mars, sera le maire sorti" ajoute-t-elle, déclenchant les applaudissements du public.


Jonglant avec le national et le local, elle fourre dans un même sac "le grand capital", l’UMP, le parti socialiste, et le mariage de Nicolas Sarkozy et de Carla Bruni, "symbole de l’union de la gauche bobo à la droite bling-bling". Dans une répartition des tâches savamment orchestrée (voir notre reportage) elle assène les premiers coups de boutoir, avant de laisser la place à la tête de liste Steeve Briois.



Steeve: l'enfant du pays
Moins à l’aise à la tribune que sa colistière, il se cantonne à son pré carré. Il faut dire que l’enfant du pays, ce "petit-fils de mineur" comme il aime à le rappeler, connaît sa ville sous le bout des doigts. Rue par rue, il critique l’action de Gérard Dalongeville et fustige ses méthodes "mafieuses", avec en point d’orgue une critique centrale : le surendettement de la ville. Pour justifier le non remplacement des employés municipaux qui prendront leur retraite, il explique: "Je dois vous dire la vérité, si nous continuons sur cette ligne, dans six mois cette ville sera mise sous tutelle." Oubliée la "préférence nationale" et autres propositions traditionnelles du Front national. Steeve Briois prône plutôt la création d’un "pôle aide entreprendre" pour favoriser la création d’une pépinière d’entreprises ou la construction d’un grand parking au centre ville. Il veut également miser sur une culture populaire, allant des "thés dansant" au "théâtre avec du Molière".


Galvanisé par son discours, Steeve Briois appelle en conclusion son principal opposant au débat qui attendra le 11 mars les qualifiés du second tour. "Qu’il s’y prépare!" lance-t-il en guise d’avertissement à Gérard Dalongeville. Avant cela, c’est d’abord l’épreuve du 9 mars que le tandem frontiste devra passer. Preuve de leur optimisme, les candidats délaisseront au soir du premier tour leur local de campagne trop petit pour accueillir les foules espérées, pour lui préférer le Cap Hôtel de Noyelles-Godault. Dans le viseur des candidats du FN, la mairie d’Hénin-Beaumont n’a jamais semblé aussi proche.

Paul Sanfourche
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Lille - "Martine Aubry s'est 'ch'timisée' "

Jacques Mutez est 14° sur la liste de Martine Aubry. Conseiller municipal délégué au commerce, il joue son troisième mandat. Il nous parle du Parti radical de gauche, dont il est président pour le Nord, de son expérience municipale et bien sûr, de Martine Aubry.


Pour les municipales, vous faites liste commune avec le parti socialiste. On a peu entendu la voix du Parti radical de gauche dans cette campagne. Rien ne vous sépare du PS ?
Nous avons des valeurs communes avec le parti socialiste, mais nous avons des différences assez notoires sur la partie économique. Nous, nous sommes pour le non-interventionisme de l’Etat. Nous n’avons pas une vision collective de l’économie. Pour nous, l’économie doit être libre mais régulée.
Sur la laïcité, notre approche est très différente. On est beaucoup plus “laïcard“ que le sont les socialistes. On a été hautement scandalisé par les discours de Latran et de Riyad prononcés par Nicolas Sarkozy. Pour nous, il y a une frontière absolue entre spirituel et temporel. Sur ce point, les socialistes sont des gens beaucoup plus pragmatiques que nous. Troisième point de divergence: nous sommes fondamentalement européens, alors que pour les socialistes, l’Europe c’est de l’eau tiède. Nous, les radicaux de gauche, nous étions pour la constitution européenne.

Avez-vous eu des clashs avec d’autres membres du conseil municipal?
J’ai eu maille à partir avec Martine Aubry quand elle a mis en place les piscines pour femmes voilées (ndlr : il s’agissait en fait d’horaires réservés aux femmes dans les piscines). Je me suis exprimé de façon sévère dans la presse. L’idée de départ était généreuse mais on s’opposait à un principe fondamental de la république.
J’ai aussi osé dire ce que tout le monde pensait tout bas, c’est-à-dire la politique d’agression des Verts vis-à-vis de la voiture en ville. D’ailleurs on voit que Martine Aubry a une politique plus modulée aujourd’hui, alors qu’elle était plus “verte“ au départ.

Quelles sont vos relations avec Martine Aubry?

Avec Martine Aubry, on vit une idylle très forte (rires). Disons qu’on a appris à se connaître, à tempérer nos ardeurs. On a eu des oppositions frontales mais ça n’a pas laissé de traces. Martine Aubry est une femme intelligente, qui comprend la contradiction, contrairement à ce qu’on entend à côté. Elle a beaucoup évolué en termes de caractère. Elle est moins tranchante qu’elle ne l’était, plus ronde, plus cordiale. Je crois qu’elle s’est “ch’timisée“.

Aujourd’hui, un autre parti du centre a émergé, le MoDem. Imaginez vous dans le futur faire liste commune avec le MoDem plutôt qu’avec le PS?
Tout dépendra de l’intelligence de la gauche. Si le Parti socialiste n’est pas capable de comprendre nos aspirations et évolue vers des tendances hégémoniques, beaucoup seront tentés d’un rapprochement avec le centre. S’il comprend qu’on est très important pour porter la tendance centre qui lui manque et qu’il nous laisse des marges de liberté, pas de problème.


Quel regard portez vous sur la campagne municipale?

Au départ je pensais qu’elle serait plus pugnace, plus difficile. En fait, comme l’a dit la presse quotidienne régionale, Sébastien Huyghe “surfe sur le vague“. Il est atone.
Avec le ralliement de Brigitte Mauroy, il a réussi un coup politique qui est méprisable.

Comment avez vous vécu cet épisode?
Brigitte Mauroy je la connais bien, elle a été ma suppléante lors d’une élection. Elle n’a pas de sens politique. Elle s’est dit je n’aime pas Martine Aubry, je ne me mets pas avec Martine Aubry. C’est nul. Elle a d’ailleurs été exclue du Parti radical. Je trouve regrettable son attitude mais il n’y a pas de blessure politique qui ne se referme pas. J’espère qu’un jour on redeviendra amis.

Propos recueillis par Pauline Froissart

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Roubaix - Je regarde la télé donc je vote















A Roubaix, le comité de quartier de l’Hommelet, très impliqué dans la lutte contre l’abstention, vient de lancer une "télévision citoyenne" à l’occasion des municipales. Encore au stade expérimental, la Télé2Roubaix fait déjà parler d’elle.


Difficile de croire que ce local encombré de la rue de Strasbourg, à Roubaix, abrite le studio d’une télévision naissante. Mais il suffit de peu de choses actuellement pour diffuser ses propres enregistrements sur la télévision numérique : dans le cas de la Télé2Roubaix, une
petite caméra, un ordinateur et une freebox. La télévision diffuse depuis quelques semaines sur le canal 99 de la freebox, en direct à certaines heures avec des émissions disponibles en vidéo à la demande.

Au comité de quartier de l’Hommelet, on commence à bien maîtriser les techniques du multimédia. Depuis 2006, le Blog2Roubaix diffuse des textes et de nombreuses vidéos sur la vie locale et les initiatives associatives.
"On voulait, dans l’esprit du blog, faire une télévision citoyenne, transmettant les valeurs de la démocratie et encourageant le débat public", explique Bruno Lestienne, ancien publicitaire à l’origine du projet.

Avec 74% d’abstention, le bureau de vote de l’Hommelet a fait aux présidentielles de 2002 l’un des plus mauvais scores de la région. Du coup, le comité de quartier a fait de la participation son principal combat, avec le lancement de la campagne "Je pense donc je vote". Réunions de quartier, rencontres avec les élus et affichage… tout est bon pour inciter les habitants à s’intéresser à la vie politique.
"Souvent les gens ne sont même pas capables d’expliquer pourquoi ils ne vont pas voter, ils n’en ont simplement rien à faire", explique Bruno Lestienne. "Le problème est qu’il n’y a plus d’éducation populaire à la politique. Les candidats sont enfermés dans leurs stratégies de communication, et les habitants ne comprennent pas les différences entre les partis".

Une télévision locale pour tout Roubaix, voilà qui paraît un peu ambitieux vu la faiblesse des moyens à la disposition du comité de quartier. Mais la petite équipe ne manque pas de motivation.
La télé2Roubaix a déjà diffusé les portraits de la plupart des candidats et de leurs colistiers, toujours visibles à la demande. Dans le "studio", une caméra branchée au boîtier de la télévision permet de diffuser en direct des interviews filmées depuis le local du comité. Les politiques se prêtent volontiers à l’exercice, et la grille de programmes s’étoffe chaque jour.
Quant à la vidéo à la demande, elle rencontre de nombreux adeptes. Curieusement, la palme du succès ne revient pas aux portraits de René Vandierendonck ou de Max-André Pick, mais à un reportage sur Miss Roubaix, diffusé pour tester le système : déjà plus de 11 000 visionnages…
"Il est évident que l’audience doit être pour l’instant assez confidentielle", tempère Bruno Lestienne. "Je ne sais pas si cela incitera les gens à aller voter, mais ça peut les encourager à prendre part au débat. De toutes façons, nous n’avons pas monté la télé2Roubaix dans la perspective de faire de l’audience".
Peu d’audience, mais un bon coup de pub : le blog et la télé ont permis de faire parler du collectif "Je pense donc je vote" dans les médias traditionnels. Aujourd’hui la petite rédaction espère obtenir une subvention du conseil régional, qui lui permettra d’investir dans du meilleur matériel et d’embaucher des salariés. La chaîne souhaite diffuser en continu dés le 10 mars, avec davantage d’émissions en direct.

La télé2Roubaix, comment ça marche ?
La petite chaîne roubaisienne n’est pour l’instant disponible que pour les abonnés Free, et devrait l’être bientôt pour les abonnés Neuf et Darty.
On peut la recevoir partout en France, dans les zones dégroupées.
Pour cela, se connecter sur la "TV perso" de Free (via le menu principal, ou sur le canal 99) et parcourir le menu thématique. Une fois la chaîne repérée, une touche "ajouter aux favoris" permet de la retrouver facilement.

Mathilde Bellenger

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Roubaix - Le dialogue sans faire de vagues

Une main tendue vers la communauté musulmane. Les présidents des six mosquées de Roubaix ont accueilli lors d’une réunion publique le 5 mars les trois principaux candidats à l’élection municipale. René Vandierendonck, Max-André Pick et Slimane Tir ont présenté leurs idées au cours d’un débat soigneusement balisé.


Interventions chronométrées, ordre de passage et questions écrites du public : le moins que l’on puisse dire est que les organisateurs craignaient les dérapages verbaux. Peu de vagues cependant : une cinquantaine de personnes composait un public soucieux d’éclairer son choix à la veille du premier tour.

Représentant près de la moitié de la population roubaisienne, la communauté musulmane est une cible électorale à choyer. Ce fut avant tout l’occasion d’aborder des questions aussi pragmatiques que l’extension du carré musulman au cimetière ou la nourriture hallal dans les cantines scolaires.Côté politiques, prudence et conciliation ont dominé la soirée.

"Exister dans l'indifférence"
"Revendiquer de pouvoir pratiquer son culte, ce n’est pas faire preuve de communautarisme mais au contraire d’une volonté d’installation durable en France", a déclaré René Vandierendonck, le maire socialiste en exercice qui brigue un troisième mandat. Pour le candidat des Verts Slimane Tir, "On est dans une longue conquête du respect, de l’égalité républicaine, d’une existence dans l’indifférence". L’UMP Max-André Pick a évoqué pour sa part une "situation difficile et compliquée", due à l’arrivée "récente" de cette religion en France, mais s’est dit "en tant que catholique, proche des trois religions monothéistes".

Créer des lieux de sacrifice pour la fête de l’Aïd? "Sur ce point, on est tous les trois assez en phase", répond René Vandierendonck, préconisant des abattoirs temporaires. Une grande mosquée à Roubaix? Pour Max-André Pick, "On ne doit pas avoir peur d’un beau et grand batiment qui ressemble à une mosquée." Slimane Tir, lui, "attend des musulmans de Roubaix de comprendre que la loi de 1905 est une bénédiction pour eux".
Pour les responsables du culte, l’objectif de la soirée a été atteint. "On voulait que le débat porte sur des points très précis. Comme il s’agissait d’une grande première, on a tenu avant tout à montrer que la communauté musulmane pouvait se présenter unie sans états d’âme", explique Rachid Gassen, vice-président de la mosquée Abou Bakr. En effet, rares ont été jusque-là les occasions pour les six mosquées de la ville de parler d’une voix commune.

"Un peu léger"
Après deux heures de déclarations, le sentiment qui domine autour du pot de l’amitié est pourtant la déception. Déception sur le fond, sur la forme, et une certaine désillusion quant à la portée des engagements pris. "Ce débat, c’était du vide!", s’emporte un employé de la mairie qui ne souhaite pas donner son nom. "On a oublié certaines questions principales sur la discrimination et le logement, par exemple, qui sont les premiers problèmes touchant la communauté musulmane." Désabusé, le jeune homme précise qu’il n’ira pas voter dimanche. "C’était un peu léger, trop carré", ajoute Youssef, 28 ans, qui regrette de n’avoir pas pu intervenir pendant le débat."Il y a des choses plus importantes que la viande hallal! Pour moi, ce sont les questions sociales qui vont primer et je ne crois pas qu’aucun candidat arrivera à mettre d’accord l’ensemble de la communauté musulmane de Roubaix".

"Le risque, c’est que ce genre de rencontre s’appuie sur une démarche clientéliste et non pas d’intérêt général", analyse Nathalie Dollé, journaliste à Lille qui animait le débat et connaît bien ces questions. Le vote musulman? Une notion "totalement absurde" selon elle. "Mais c’est intéressant que la communauté se voit en tant que telle: la génération d’avant n’avait pas une telle visibilité".

Mathilde Bellenger

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Lille - A Lille-Sud Jan Pauwels rassemble…quinze personnes

Mardi 4 mars, 18h30, le meeting organisé par la liste de rassemblement à gauche "Un autre Lille est possible" ne peut pas commencer. Les militants de la LCR sont en retard. Et les Alternatifs, les associatifs, les syndicalistes ? En retard aussi. Vingt minutes plus tard, il y a une quinzaine de personnes dans la salle de la mairie de Lille-Sud : pour Jan Pauwels, infirmier trentenaire et tête de liste, ça suffit pour ouvrir le débat.





"Nous voulons faire le meilleur score possible, au-dessus de 10%", avait-il déclaré dans Lille Plus (édition du mardi 4 mars). Un pari ambitieux, voire prétentieux, si l’on s’en tient à la faible présence de militants à la réunion. Les 61 personnes qui forment la liste 100% à gauche sont de vrais travailleurs, et pas du tout des professionnels de la politique.

Comme l'explique Jan Pauwels, ce sont des gens provenant des associations, des Alternatifs et enfin de la LCR, rassemblés autour d’un but commun : représenter la vraie gauche qui s’oppose au libéralisme.


Martine Aubry n’est pas vraiment une ennemie, mais les militants sont tous d’accord sur un point: il n’y aura pas d’alliance avec elle au deuxième tour, en cas de fusion du Modem avec la liste PS. Dans tous les cas, les "anticapitalistes" veulent garder une totale indépendance : "Nos conseillers ne seront pas là pour voter le budget de Martine Aubry, on fera ce qu’on voudra."

Principal point de désaccord, la participation des entreprises privées dans les services de la ville: les transports, s’ils étaient rendus à la municipalité, pourraient devenir gratuits, estime l’équipe de Jan Pauwels.



Au-delà des municipales, la prochaine cible politique est déjà fixée: les européennes en 2009. "La bataille qui nous a unis et qui a consacré Olivier Besancenot à la tête de la LCR est le non à la Constitution Européenne. On continuera de lutter contre une Europe Libérale à laquelle le PS ne sait pas s’opposer", explique Jan Pauwels.

Dans la salle, un rêve pour l’avenir émerge : un rassemblement de gauche arc-en-ciel, où les Verts et le Parti Communiste peuvent cohabiter avec la LCR.

Nicola Accardo (avec Emilie Baujard)

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Lille - Sébastien Huyghe au petit déjeuner

Mardi matin, rue Basse, petit déjeuner organisé par l'équipe de campagne du candidat UMP. Une table ronde pour évoquer les problématiques avec une dizaine de sympathisants du Vieux-Lille.


8H45. Café chaud, pain frais, les participants se mettent à table. Parmi eux, des présidents d'associations, des habitants et des commerçants du quartier.

Dans le Vieux-Lille, le débat commence sur la sécurité avec l’intervention d’une habitante de la rue Royale : "mon mari a été attaqué près de chez nous."


Autre préoccupation: la propreté de la ville. "On dit que les Lillois sont sales, je refuse cet argument", Isabelle Mahieu, colistière, cible "une mauvaise organisation du ramassage des poubelles et du nettoyage".


Sébastien Huyghe détaille son programme électoral: installation des caméras de surveillance, couvertures des périphériques, construction de parkings pour réaménager les entrées de ville, réorganisation du parking de la place Sébastopol, passages piétons souterrains entre Euralille et les deux gares jusqu’à la rue Faidherbe pour améliorer la circulation automobile et sécuriser les passants, aménagement de rues piétonnières dans le Vieux-Lille. "Je ne promets pas les choses dont je suis pas sûr au niveau technique", souligne-t-il.


Certains participants sont contents: "On a pu exprimer nos besoins, il est très attentif." D'autres restent pessimistes sur les chances de leur candidat: "Il faut dire que ça reste dans l'utopie, parce que la gauche va gagner".


10H30 : fin de la rencontre. Et Sébastien Huyghe avale le premier pain de son petit déjeuner.


Lin Yuan


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Tourcoing - Le casse-tête des militants gays UMP

Gaylib fait face à un dilemme : le mouvement gay affilié à l’UMP ne cautionne pas l’investiture de Christian Vanneste par l’UMP. En cause la condamnation en janvier 2005 du candidat aux municipales de Tourcoing pour injures à caractère homophobe. Rencontre avec Stéphane Dassé, porte-parole national de Gaylib et conseiller exécutif de l’UMP



A l’occasion des élections législatives de juin dernier, vous avez clairement appelé à voter contre Christian Vanneste. A quelques jours du premier tour des municipales, quelle sont vos relations avec le candidat?
C’est bien simple, on n’en a pas. Nous avons demandé à ce qu’on tire toutes les conséquences de la condamnation de Vanneste. Ça a été fait pour les législatives puisque l’UMP lui a retiré son investiture. Pour autant, le parti n’a pas présenté de candidats face à lui. Son investiture directe pour les municipales de Tourcoing nous pose un sérieux problème.


Quelle consigne de vote donnez-vous aux
Tourquennois?
Nous invitons les électeurs à voter pour le candidat de leur choix. Mais pas pour Vanneste. En gros le message c’est: tout sauf Vanneste.


Pour les élections législatives, vous tractiez à Tourcoing contre le candidat. Votre stratégie aujourd’hui est- elle différente?
On agit surtout par voie de communiqués de presse. L’absence de tractage n’a pas été imposée par l’UMP. Nos prises de position ne plaisent pas forc
ément au parti mais nous prenons nos responsabilités. Personne ne nous interdit de nous exprimer.

Comment expliquez vous l’investiture de Christian Vanneste par l’UMP après sa condamnation?
Vanneste a un certain nombre d’amis parlementaires qui le soutiennent, une min
orité active. Il a également pour lui son succès aux législatives. Succès relatif puisqu’il n’y avait aucun concurrent UMP face à lui. Mais beaucoup de gens à l’UMP considèrent comme nous que c’est un mauvais choix. La question qui se pose est de savoir si on peut investir quelqu’un qui a été condamné en appel.


La lutte contre les inégalités est au cœur de l’action de votre mouvement. N’est-ce pas para
doxal de rester sous la bannière de l’UMP?
Vous sa
vez, Gaylib compte 2000 membres. Nous sommes un bout de l’UMP. engagé dans un combat politique. Nous avons vocation à faire avancer notre famille politique sur la question des droits des homosexuels. En tant qu’interlocuteur privilégié du gouvernement, Gaylib relaie les préoccupations d’autres associations gays, traditionnellement plus ancrées à gauche.

Une fois les municipales passées, allez-vous poursuivre votre action?
Oui. Nous
souhaitons que Vanneste ne soit plus jamais investi. Je suis persuadé qu’à l’UMP on aura honte de cette affaire comme on a honte maintenant de s’être opposé au PACS . Tout comme lutter contre le racisme ou pour l’égalité des femmes, se battre contre l’homophobie est un combat permanent.

Anne Dory et Marine Pennetier

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Lille - La campagne sauce forestière

Pour sa campagne, Etienne Forest ne recule devant rien. Du speed dating politique aux concerts de rap, le candidat social-démocrate à Lille "mise sur tout". Mardi 4 mars, il était à Fives, au café Chez Pitch avec le numéro deux de sa liste, Rachida Sahraoui, et d’autres colistiers. Leur but: aller à la rencontre des habitants pour récolter de nouvelles voix.


"Une campagne artisanale mais avec une organisation professionnelle", c’est comme ça qu’Etienne Forest définit sa stratégie pour les municipales, soulignant ses vingt ans "d’expérience électorale". Il faut dire que le budget du candidat social-démocrate est limité. Les 25 000 euros investis pour financer la campagne, il les a sortis de sa poche, après avoir revendu des actions. Un risque qu’il préfère assumer seul, même s’il assure bénéficier "d’un capital sympathie exceptionnel".

Le candidat mise sur le relationnel. Parti avec un déficit de notoriété, aujourd’hui rares sont ceux qui n’ont jamais entendu parler de lui. Pour ça, il ne ménage pas ses efforts : envois massifs de sms, gros efforts sur le référencement de son site internet.

Pour compenser des moyens restreints, il mise sur le "côté anti-conformiste" de sa stratégie de communication, sur "un certain décalage" par rapport aux autres candidats. Pour preuve, Etienne Forest, qui se dit de "centre gauche, mais MoDem au fond du cœur", multiplie les initiatives originales. Soirée de lancement de liste à la Halle aux sucres avec des concerts et du slam, "apéro rap, chenille démocrate", sa campagne se fait dans la rue et les commerces :"du relationnel avant tout".

Comme à l’African Children, dans le Vieux-Lille, un café où le candidat a organisé une première soirée de "speed dating politique" le 28 février. Dix colistiers étaient présents, avec chacun son thème à défendre, pour une vingtaine de participants, selon le candidat.

À 50 ans, il revendique une liste hétéroclite, rassemblant des personnes d’horizons politique et social variés, des déçus de l’UMP aux déçus du PS, du contrôleur des impôts à l’étudiant tout juste majeur. En 17 ème position, Julien Hornain, un militant de 18 ans, qui a composé avec son groupe Lerical Carnage un morceau de "rap politique" pour soutenir la tête de liste.





Etienne Forest se veut proche des gens, "il faut prendre le temps de discuter, on n’a jamais le temps". Le "café politique", c’est pour cela qu’il l’a organisé. Un rendez-vous autour d’un verre avec les habitants de Fives, dans le café tenu par Daniel Coubronne, numéro 53 sur la liste du Mouvement social-démocrate. Attablés, principalement des proches et des colistiers, en tout une dizaine de personnes. Mais c’est au comptoir qu’Etienne Forest a rendez-vous avec ses électeurs potentiels. Et c’est lui qui régale…

Hélaï Hosseini


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Hénin-Beaumont - Psychologie du zapping politique

Le mois dernier, un sondage Ifop créditait le FN à Hénin-Beaumont de 31% des intentions de vote au premier tour des élections municipales. Cette implantation, présente de longue date, semble décomplexer l’électeur qui ne correspond pas forcément aux clichés…


Hénin-Beaumont paie chèrement la forte implantation du FN dans ses murs, à l’approche des élections: surmédiatisation et confusion des opinions (voir article "Cette fois-ci, elle peut passer"), le ras-le-bol se mêle à la méfiance.

Le marché, devenu enjeu politique, est peu fréquenté ce mardi 4 mars. Les habitants attendent les allocations, qui doivent tomber prochainement. Ce qui n’empêche pas les candidats aux élections municipales de s’offrir un "petit" bain de foule, afin d’y serrer quelques mains et d’y rencontrer les habitants.

A quelques mètres de là, le patron du café "Le Bistrot", d’origine maghrébine mais qui souhaite se faire appeler Xavier, serre lui aussi les mains des clients et semble connaître tout le monde. Déçu de la situation comme beaucoup, il attend peu des élections municipales : "Je ne crois pas que les élections vont changer quelque chose pour nous. Les politiciens font quasiment tous des promesses. Mais il n’y a rien après ".

Cependant, Xavier affirme que le bilan de Gérard Dallongeville, le maire PS sortant, est bon: "Le PS fait ce qu’il peut ".

Mais interrogé sur la présence du FN, il lâche, caustique: "Le problème, c’est Le Pen, pas Briois". Xavier avoue avoir voté régulièrement tant pour le PS que pour le FN depuis 2001: "Je vote pour des idées par pour un parti. Donc je prends ce qui me convient. Le FN a certaines bonnes idées. On a besoin d’une société ferme mais pas extrémiste. Et le PS est trop modéré".





Xavier pratique le zapping politique en fonction des élections. Selon ses attentes et l’état de son ras-le-bol. Une pratique de la politique pleine de contradictions et fortement réceptive à la démagogie.


Adrian Buffel

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Lille - Qui court derrière Forest ?

L’une des marques de fabrique de la liste sociale démocrate d’Etienne Forest, c’est l’entourage de personnalités politiques de tous bords. Rencontre avec quelques-uns de ses colistiers lors de la dernière réunion de campagne avant le premier tour.

"Jeudi dernier, c’était un speed dating politique à l’African Children." Rachida Sahraoui, deuxième de liste, éclate de rire. Rillettes et cacahuètes, cet apéritif politique du 4 mars au café Pitch de Fives est un peu moins glamour. Dans le bar, quelques clients accoudés au comptoir ne sont absorbés que par leurs verres. Est-ce bien ici, la réunion? Oui, il y a bien une poignée de colistiers, qui attend, en famille, Etienne Forest.

"Il raccompagne trois personnes à trois endroits différents de Lille et il arrive." Drôle de personnage, drôle d’ambiance. Etonnants, décalés.

Pas d’étiquette ou toutes les étiquettes? (voir la liste)
La liste est social démocrate. Il y a déjà des gens du centre. "De centre gauche et aussi de centre droit." Pas d’étiquette Modem pour autant, François Bayrou ayant décidé de soutenir Jacques Richir. Patrick Cocheteux, le n°3, est encarté au Modem. Il trinque avec Jacques Descamps, candidat "légitimiste" Modem pour les cantonales. Patrick Cocheteux a personnellement participé au rapprochement des listes et des comptes de campagne entre Richir et Forest. Mais comme "les idées ont peu de place face aux dures réalités de l’argent", et qu’aucun rapprochement n’a pu être trouvé, il a préféré suivre le candidat aux idées les plus proches des siennes.
De même pour David Guénard, adhérent à l’UMP depuis 2005, qui a quitté le QG de campagne de Sébastien Huyghe. Il a "commencé à bosser pour Sébastien" puis il a jeté l’éponge il y a quelques semaines. "Il n’a pas de programme!" et "la plupart des vingt premiers ne font pas campagne". Il est donc devenu 7ème sur la liste d’Etienne Forest, mais demeure "pro Sarkozy".
Rachida Saharoui, la deuxième de liste, est encartée au Parti radical de gauche depuis un an. D’autres sont d’autres bords politiques. Tous se réjouissent d’avoir pu rejoindre Etienne Forest sans perdre leur identité politique. Alors, jusqu’où l’ouverture? Même Eric Portejoie, ex-FN a rejoint son neveu étudiant Louis en déclarant sa flamme en début de semaine à Etienne Forest. Il n’est pas au café Pitch ce soir et on ne parle pas beaucoup de lui.

Une liste d’amis
Il n’y a pas que "les encartés", "les associatifs" ont toute leur place sur cette liste. Etienne Forest lui-même vient de ce milieu, il a dirigé l’association Région Nature. C’est ce qui a séduit Hamid Bekhtaoui, un plasticien qui a participé avec lui à des animations au quartier Maurice-Pellevoisin. Et est devenu "automatiquement" 23ème de sa liste. C’est aussi dans ce cadre qu’il a croisé Rachida Sahraoui, une humanitaire déjà engagée dans le conseil de quartier de Vieux Lille. Tous ces militants civils soutiennent avant tout l’"engagement social et écolo" d’Etienne Forest et "sa façon démocratique de faire campagne". Ils aiment qu’il soit si peu conventionnel, qu’il soit si accessible. Ce soir au café Pitch, il y a aussi Anissa Bendif, dixième sur la liste. Première fois que ce médecin généraliste sans étiquette "s’engage publiquement". Avant tout pour rejoindre Rachida Sahraoui, la charismatique deuxième de liste, qui lui explique que les gens qu’elle veut attirer, ce ne sont "ni les déçus ni les désabusés, mais ceux qui ne croient en rien", qui n’ont jamais cru en la politique. Rachida arbore un franc sourire. L’une de ses filles l’accompagne et porte aussi une polaire Forest.fr. Elle est trop jeune pour figurer sur la liste. Pas comme sa grande sœur Ezella, 20 ans, en dix-huitième position.

Toutes les bonnes volontés sont mises à contribution dans cette campagne. Et ce soir, l’ambiance est bonne et les pronostics vont bon train : 3%, 5% selon Rachida Sahraoui pour que sa liste "soit en position de négocier un ou deux projets au soir du premier tour." 10-12% pour David Guénard qui ne veut rien moins qu’attirer à lui les déçus de la campagne de Sébastien Huyghe.

Lucie Romano

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mercredi 5 mars 2008

Hénin-Beaumont - Le choc des cultures













La culture est souvent le parent pauvre de la politique. Dans l’ancienne cité minière, pourtant, l’association l’Escapade impulse depuis 17 ans une activité culturelle qui rayonne même au-delà de la ville.


Sur le bureau de David Verkempinck, le directeur de l’Escapade, les propositions de spectacles s’empilent : une troupe strasbourgeoise par-ci, une chanteuse du cru par-là.
L’Escapade revendique cette saison 97 représentations, dans des genres très différents. Illustration mardi dernier, lorsqu’un groupe d’enfants sort d’Everglade, un concert de chant lyrique. Tout sourires, les plus jeunes d’entre eux n’ont pas décroché pendant toute la durée de la représentation, grâce notamment à une préparation faite en amont dans les classes. Pour Marie-Astrid Stock, chargée de mission pédagogique de la Clef des Chants, qui organisait le spectacle, il n’est pas nécessaire d’avoir des "connaissances musicales absolues pour pouvoir sentir la musique."

Une culture trop élitiste ?
David Verkempinck partage l’avis de Marie-Astrid Stock: "On défend une idée de la culture pour tous, et surtout que tous puissent accéder à la culture." Il rappelle également que pour certains spectacles l’entrée ne coûte pas plus d’un ou deux euros.
Cependant, la programmation culturelle à Hénin-Beaumont serait-elle trop peu abordable ? C’est en tous cas l’avis du Front National. Marine Le Pen dans l’émission "La voix est libre" de France 3 Nord-Pas-de-Calais, réalisée le 1er mars, dénonce la "culture pour un petit nombre".


video

David Verkempinck réfute cette vision et préfère "élever le niveau de connaissance des gens", sans oublier des aspects "grand public", avec "Anne Roumanoff, Hugues Aufray ou le chanteur Da Silva". L’association incite également aux pratiques culturelles à travers différents ateliers, comme le théâtre, le chant ou encore le tai-chi.

Liberté artistique face au politique
Revenant sur le débat organisé par France 3 Nord-Pas-de-Calais, le directeur ne décolère pas : il était prévu comme intervenant dans l’émission, le duplex a finalement été annulé. Une occasion manquée de mettre la culture à l’honneur et de discuter des directions à prendre avec les différents candidats.
Dans cette campagne électorale, l’Escapade, mandatée par la mairie pour impulser l’activité culturelle de la ville, tient à rappeler son indépendance. Quand on lui parle d’ingérence politique dans la culture, David Verkempinck lâche que si cela arrivait : "on est morts".
Sur le plateau de France 3, Marie-Noëlle Lienemann avait expliqué en réponse à Marine Le Pen que l’Escapade n’accueillait pas que des "musiques urbaines", prenant l’exemple de Fanny Ardant venue faire des lectures. La leader frontiste l’avait interrompu : "Non, elle vient soutenir Gérard Dalongeville". A Hénin-Beaumont aussi, la culture est un enjeu de campagne.

P-F.D.

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Lille - Moulins direct à gauche

Moulins, il y est né, il y a grandi et il y vit toujours. Récent vainqueur de la coupe de France amateur de boxe, Saïd Rachidi défend la politique de Martine Aubry. Entre deux compétitions, le champion nous a fait visiter son quartier.


"Rendez-vous à 14 h, Porte de Douai. On ira faire un tour dans Moulins." Saïd Rachidi attend à la sortie du métro, le sourire aux lèvres. La ballade peut commencer. A gauche, sur le boulevard d’Alsace, la salle Jean Bouin: une halle toute nouvelle dédiée à l’athlétisme. Saïd vient parfois courir pour son entraînement de boxe. Quatre fois champion de France, sélectionné pour les JO de Pékin, le jeune boxeur de 21 ans fait la fierté du quartier.

A son approche, les mains se tendent. Alfucini, son ancien voisin du troisième étage, l’apostrophe: "Alors Saïd, comment ça va au club ?" Le boxing club de Moulins, "c’est un peu chez moi", raconte-t-il. A 8 ans, il y a enfilé ses premiers gants de boxe; aujourd’hui, il s’y entraîne encore. Depuis, les filles ont déboulé sur le ring, il a bien fallu leur construire un vestiaire. Si la salle a été rénovée, c’est grâce au soutien de Martine Aubry, selon lui.
Entre temps, "rien n’a été fait pour rénover les dégradations du BDS". BDS? Non, il ne s’agit pas d’une autre salle de sport mais du Boulevard de Strasbourg.

Boulevard, barre de couleurs, BDS… autant de noms affectueux pour désigner le HLM où Saïd a grandi. "J’aime le boulevard. Pas parce que c’est agréable, confortable. Mais je l’aime pour l’ambiance familiale." Sa famille, elle est là! Entre l’école Saint-Exupéry, le boxing club et le centre social Marcel Bertrand.

Un quartier en sursis pour Saïd, qui n’exclut pas une possible démolition de la barre couleurs après celle de la barre grise du boulevard de Metz. A la réunion publique de la salle Courmont le 6 février, Saïd n’a pas hésité à faire ses réclamations à sa candidate. Le programme de Martine Aubry évoque la réhabilitation de l’habitat ancien et des HLM du Boulevard d’Alsace, mais nulle trace du Boulevard de Strasbourg.

Des idées pour le quartier, Said en a à revendre. Il salue l’initiative de Lille neige et Lille plage, "des embauches pour les copains". Mais entre les deux évènements, l’espace reste vide. Il propose la création d’une piscine ou des terrains de foot synthétiques couverts. Le sport, toujours le sport, pour tenir le quartier 15h30. Retour Porte de Douai. Saïd rentre dans son nouveau chez lui, à la résidence Fontenoy, rue de Trévise. Il y a retrouvé des habitants de la barre grise. Celle du boulevard de Metz. Celle qui avait été détruite.

Julie Albet

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Hénin-Beaumont - Gérard Dalongeville défend son bilan face aux attaques du Front national

Gérard Dalongeville a le sens du bon mot et la mine sympathique. Présent mardi 4 mars au marché, il salue les passants avec emphase avant de se tourner vers un stand pour acheter un gâteau à une pâtissière. "Il y en a qui passent pour distribuer des tracts. Moi, je viens au marché en tant qu’Héninois", explique-t-il en souriant avant de payer.

Et leur marché, les Héninois y tiennent. "Le FN avait proposé de construire un kiosque au milieu de la place. Mais ils se sont vite rendu compte que si leur projet aboutissait, il n’y aurait plus de marché. Ils ont alors proposé de construire un kiosque à roulettes", se moque le candidat à sa réélection, qui se targue d’avoir rénové la place et d’avoir ainsi sauvé la vie économique du centre ville.

Mais Gérard Dalongeville est encore loin de pouvoir souffler. La présence du FN est estimée au premier tour des élections à 31% des suffrages selon un sondage Ifop réalisé le mois dernier pour Nord Eclair. De quoi lui donner du fil à retordre s’il veut sauvegarder sa crédibilité politique. En effet, le FN attaque le candidat sortant sur des sujets assez controversés. "J’ai été élu parce que les caisses de la mairie étaient vides en 2001. J’ai réduit le déficit du budget de 12 millions d’euros depuis. On m’attaque sur la hausse des impôts locaux. Le FN répète sans arrêt que je les ai augmentés de 85%. C’est vrai, mais on occulte le fait qu’il n’y avait eu aucune hausse depuis 2004."

"Mon seul ennemi est le FN"
Le maire sortant, soutenu par le PS, ajoute un volet social à son bilan. "Il y a une garderie pour chaque école", martèle-t-il. "Les Héninois devraient être fiers de leurs services publics. J’ai considérablement augmenté les emplois publics subventionnés." Encore un sujet brûlant puisque le FN lui reproche d’avoir un nombre anormalement élevé d’embauches municipales et le soupçonne de clientélisme. "La part du budget dans l’éducation est d’environ 30%. Nous avons une école d’arts plastiques, une école de musique et un cinéma d’art et d’essai."
"Le FN fait l’erreur de s’attaquer à ma personne, mais surtout de s’en prendre à Hénin-Beaumont. Pourtant les Héninois aiment leur ville!" Sa stratégie de campagne? "J’ai mon bilan. J’ai le soutien du PS et du PC. Mon seul ennemi est le FN." Une stratégie fédératrice en somme, qui met cependant de côté le thème de la sécurité, qui tient à cœur aux Héninois. "L’insécurité c’est quand Marine Le Pen est là. C’est normal qu’Hénin-Beaumont soit surmédiatisée. La ville est devenue un enjeu national pour le FN. Mais Marine Le Pen, elle n’en a rien à faire d’Hénin-Beaumont!"

Adrian Buffel


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Tourcoing - Pas de polémique sur les homosexuels dans la campagne

Pour couvrir les élections municipales à Tourcoing, les médias nationaux sont souvent revenus sur les propos homophobes du candidat UMP, Christian Vanneste. Pourtant, sur place, ses concurrents disent avoir préféré ne pas les évoquer.


"Sulfureux ". L’adjectif a souvent été accolé au nom de Christian Vanneste. Un adjectif et une polémique. Le 25 janvier 2005, le député du Nord était condamné pour "injures à caractère homophobe". Dans la Voix du Nord, il avait en effet estimé à propos de l’homosexualité: "Je n'ai pas dit qu'elle était dangereuse, j'ai dit qu'elle était inférieure à l'hétérosexualité. Si on la poussait à l'universel, ce serait dangereux pour l'humanité." Ces déclarations ont valu au député UMP 3000 euros d’amende et une versement de 3000 euros à chacune des associations plaignantes (SOS Homophobie, Act Up Paris, et le Syndicat national des entreprises gays).

Christian Vanneste défend son point de vue :




Christian Vanneste a décidé de contester cette condamnation et s’est pourvu en cassation. En juin dernier, il s’est lancé dans la campagne des élections législatives et s’est fait réélire député. Aujourd’hui il brigue le fauteuil du maire de Tourcoing. Pour couvrir la campagne municipale les médias nationaux sont beaucoup revenus sur cette polémique. Pourtant à Tourcoing on a pas accordé autant d’importance aux propos du député.

« Les déclarations de qui ? »

Nombreux sont les Tourquennois à n’avoir jamais eu vent de ces déclarations. "Les déclarations de qui ?", demande Jessica les yeux écarquillés. La jeune femme s’apprêtait à rentrer dans un magasin de prêt-à-porter, elle concède: "Je ne sais même pas ce qui se passe pour les élections." Mahfoud, lui sait déjà qu’il votera pour Michel-François Delannoy, le candidat PS. Pour autant, il était lui non plus pas au courant de la polémique. Une fois averti, il condamne très calmement les propos du député UMP : "Normalement, on ne doit pas dire ça."

Geneviève connaît les positions de M. Vanneste, mais elle soutient sans hésitation son candidat favori : "On en parle beaucoup trop, c’est une réalité qu’il a dit ! Il n’invente rien !" Le sourire aux lèvres, elle déplore ensuite la "mode" de l’homosexualité : "Les jeunes ont envie de se faire remarquer." Un avis partagé par Bernard Beel. Ce retraité de 60 ans est 33ème sur la liste de Christian Vanneste. En promenade dans le centre de Tourcoing, une gaufre en main, il raconte sa dernière distribution de tracts à la Croix-Rouge, un des quartiers difficiles de Tourcoing : "On en a distribué 350 et personne ne m’a fait de remarques à ce sujet. M. Vanneste a des qualités! La preuve les gens ne me contrarient pas."

« Ça n’a pas fait le cœur de la campagne »

Si les Tourquennois sont peu informés de ces propos, c’est aussi que les concurrents du candidat UMP n’ont pas voulu les relayer. François Camerlynck est le secrétaire de la section PS à Tourcoing, il s’en explique : "Christian Vanneste utilise les mêmes méthodes que Jean-Marie Le Pen. Il dit des choses intolérables pour les humanistes, ensuite il joue la victime et on parle de lui tout le temps. Nous ça ne nous intéresse pas ." Même analyse au Modem avec le candidat Michel Van Tichelen : "Il a fait sa publicité là-dessus. Pour lui peu importe qu’on en dise du bien ou du mal, l’important c’est qu’on en parle." Le candidat centriste, qui avait été un des premiers à condamner ces déclarations ajoute: "Jamais au cours des porte-à-porte, jamais on ne m’en a parlé !" Globalement Michel Van Tichelen estime que "Les différents candidats n’ont pas fait allusion à ses propos, ça n’a pas fait le cœur de la campagne."

À la permanence de Christian Vanneste, demander si cette polémique sur les homosexuels a pris de la place dans la campagne, c’est s’assurer un virulent : "Sortez mademoiselle, sortez tout de suite !" La braise de la polémique brûle encore.

Renée Greusard





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Hénin-Beaumont - Jamais sans mon numéro deux

Devinette : Quel est le point commun entre Marine Le Pen, Brigitte Mauroy et Marie-Noëlle Lienemann? Des femmes politiques candidates dans le Nord-Pas-de-Calais? Certes. Surtout d’indispensables numéros deux. Deuxièmes de liste, elles sont toutes les trois des atouts pour le succès de leurs numéros un, qui auront flairé leur compétences… et leur notoriété.


Brigitte Mauroy, deuxième sur la liste du lillois Sébastien Huyghe (UMP), est présentée comme "candidate d’ouverture" sur sa plaquette de campagne. Ex membre du Parti Radical de Gauche et médecin urologue, Brigitte Mauroy s’est vue propulsée "spécialiste de la santé et du social". Le candidat UMP s’est efforcé de souligner les "compétences" de sa numéro 2 et affirme que sa colistière "a une idée nouvelle toutes les trois secondes". Elle reste avant tout la "nièce de Pierre" (Mauroy), actuel président de la LMCU et maire de Lille de 1973 à 2001.

Sur la liste FN de Henin-Beaumont, la célébrité du numéro 2 dépasserait presque celle de sa tête de liste: Marine Le Pen, en quête d’attache électorale, soutient le candidat FN Steeve Briois, bien implanté dans la région. Pas tout à fait un parachutage puisque Marine Le Pen s’était déjà présentée à proximité dans la 13ème circonscription lors des législatives de 2002. La présence de Marine Le Pen, qui n’est plus seulement "fille de" est un soutien de choc. Hénin-Beaumont est à présent perçue comme la ville française susceptible d’être dirigée par le FN.

Le PS, lui, compte sur Marie-Noelle Lienemann. Son nom n’est peut-être pas aussi évocateur dans la région. Son ralliement est tout aussi symbolique. Députée européenne socialiste, vice-présidente du conseil régional du Nord-Pas-de-Calais et secrétaire d’Etat au logement dans le gouvernement Jospin, elle est deuxième de liste de Gérard Dalongeville (PS) maire d’Hénin-Beaumont. Elle a la dure mission de rassembler une gauche locale divisée : le maire sortant compte sur elle pour mener la liste PS-PC-PRG-MRC face aux Verts et à la liste dissidente d’Alain Duquenne.

Et les journaux nationaux d’évoquer régulièrement un duel "Le Pen/Lienemann" ou un "face-à-face". De quoi presque oublier qu’il y a des numéros un.

Léa Outier

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Lille - Tract toujours, tu m’intéresses !

UMP à l’extérieur. PS à l’intérieur. Ce matin, sur le marché de Wazemmes, seuls les militants de droite ont bravé les intempéries. Et les sondages.

A trois mètres de la porte d’entrée du QG de Martine AubryHervé Marie Morelle, casquette bleue floquée Sébastien Huyghe sur la tête, distribue des tracts. Une face avec les photos des colistiers et un verso avec une carte de la ville. Coup de téléphone. Il répond: "Oui, je suis bien au marché de Wazemmes, je suis juste devant chez les socialistes."

Rue Gambetta, au siège de campagne du maire sortant, les militants s’activent. Branchés sur iTélé, et bien au chaud, ils mettent sous pli 100 000 lettres d’appel au vote prévues pour le premier tour. "Une élection n'est jamais gagnée, dit Fabrice Bin, on n'a jamais dépassé 60% dans le scrutin." Mais à Lille, où les maires socialistes se succèdent depuis plus de 50 ans, le PS prend le luxe de rester au siège: une aubaine pour l’UMP.



"Oh, mon Dieu, c’est la police ?"


"Dimanche, devant les caméras, ils étaient tous là, Martine Aubry au bureau et les militants parmi la foule. Mais aujourd’hui, sans caméra, il n’y a plus personne. Nous si on ne se bat pas, on est morts", explique Etienne Diot, militant UMP. Le 29e de la liste de Sébastien Huyghe se protège de la pluie sous un drapeau à l’effigie de son candidat. "Tracter" sur le marché depuis le mois de septembre, il s’insurge de "l’amateurisme" de la partie adverse : "On a eu l’idée de la voiture à l’effigie de Sébastien, ils nous ont copié avec une vieille camionnette sur laquelle ils ont scotchés un poster du MJS. Ils font vraiment pitié(…) mais ici, la réaction des gens est bonne, ils sont plutôt favorables à notre présence. Et puis, j’ai tracté pour Sarko : quand on a tracté pour Sarko, on peut le faire pour tout le monde."

De l'autre côté de la place de la Nouvelle Aventure, le militant Deswarte déplore la faible conscience politique des citoyens. "Parmi 100 personnes, 20 s'intéressent à la politique, 30 se sentent concernés, et 50 se contentent juste d'avoir des infos de la télé!" Selon lui, les gens qui s'intéressent ponctuellement aux événements sont très influencés par les médias, "on voit les problèmes superficiellement, et pour la politique, il vaut mieux faire de la poudre!", regrette-il. Il tracte, non seulement pour son camp, mais aussi pour sensibiliser les électeurs. Pour eux, les tracts ne changent rien. "Je le prends mais je sais déjà pour qui je vais voter", avoue une jeune femme devant l’étal de fruits d’un commerçant, qui devant la marée UMP réagit d’un "Elle doit faire la tête Martine!"

Un militant profite du trafic pour distribuer ses tracts aux conducteurs bloqués par les camions des commerçants. A l’intérieur de sa BMW, une femme, en voyant le flyer bleu et blanc, s’écrie : "Oh mon Dieu, c’est la police ?" "Non, ce sont les municipales, le maire", répond le jeune devant l’air étonné de la conductrice. Les élections ne sont visiblement pas dans toutes les têtes.

Julie Rosselin et Lin Yuan

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Tourcoing - Baeckeroot, sans-papier du FN


Christian Baeckeroot est le leader incontesté de l’extrême droite tourquennoise. Ce déçu de l’évolution récente du Front National, démissionaire du bureau politique l’année dernière, n’a pas obtenu
l’investiture de son parti. Amputé d’une partie de ses financements et de ses militants, il reste susceptible de provoquer une triangulaire, et d’assurer la victoire du socialiste Michel-François Delannoy.

La flamme est dans le cœur. Pas besoin de l’avoir sur les affiches, le fameux logo bleu-blanc-rouge enflammé, symbole du Front National, Christian Baeckeroot s’appuie sur des convictions profondément ancrées. Car c’est privé de l’investiture officielle de son parti que le leader du FN tourquennois se présente pour la quatrième fois aux municipales. Opposant énergique de Marine Le Pen, Christian Backeroot paye sa désapprobation publique de la ligne “moderne” incarnée par la fille du chef depuis 2002. « Moderne ? Regardez dans un dictionnaire. Moi j’y vois "favorable à l’évolution des mœurs"… Ça, c’est pas nous ! », explique-t-il en marge d’une réunion publique organisée lundi soir autour d’une soixantaine de fidèles.

Investiture officielle ou pas, le candidat des valeurs frontistes à Tourcoing, c’est bien lui. La présence de Carl Lang, député européen et chef de file du FN au Conseil régional du Nord-Pas-de-Calais, visait à le rappeler sans ambiguïté. Un soutien de poids, venu de la figure du FN dans le Nord, partisan de la ligne conservatrice du parti. Son éloge appuyé du candidat et son point politique général évitent soigneusement le thème des divisions du parti. Mais l’assistance, des sympathisants simples et discrets, ne pose pas de questions.

Elle préfère écouter le discours sobre et rigoureux de Christian Baeckeroot, où s’imbriquent politique locale et nationale. Une charge contre le capitalisme spéculatif et ses scandales récents, « maladie de la décadence européenne », précède une longue dénonciation de la gestion économique tourquennoise : endettement, fiscalité élevée, coexistence de deux projets nautiques,… Avant de terminer sur les dangers de l’islamisation.

Manque de moyens

Les mains libres, Christian Baeckeroot en a profité pour se réconcilier avec les autres sensibilités de la droite nationale, comme y sont parvenus, sans investiture du FN, des candidats à Lomme, Marcq-en-Baroeul ou Wattrelos. Les “traîtres” d’hier du MNR, partis avec Mégret en 1998, sont de retour sur la liste, aux côtés des Identitaires. Pas facile néanmoins de faire campagne sans le financement du parti. En témoigne le frugal apéritif payant à l’issue de la réunion. Même la force militante est amputée. Peu de Tourquennois hier soir, la plupart des présents venaient de la frange conservatrice du FN de la métropole lilloise.

Christian Baeckeroot reconnaît qu’il manque de moyens dans cette campagne : « En 1995, on dépassait les 30% de voix. Je n’ai plus autant de disponibilité aujourd’hui. Et il y a moins de militants, mais ça c’est partout pareil. » Un peu d’usure aussi, pour quelqu’un qui mène l’opposition, isolé et méprisé, depuis 19 ans ? La question irrite le personnage, mais la réponse enflammée révèle la foi qu’il met dans son combat. Et de hausser le ton contre ses adversaires de Tourcoing : « Ils brassent du vent, ils sont nuls en économie. Leurs politiques ont toutes échoué ! » Quand Christian Baeckroot se compare, il se console.

Benjamin Legendre

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Tourcoing - Je colle, tu colles, ils décollent

Panneaux officiels ou pas, les affiches des candidats sont régulièrement arrachées. Généralement, ce ne sont pas des passants énervés qui les dégradent mais des militants d’autres partis. La “guerre des affiches” va durer encore deux semaines.

Section PS de Tourcoing, Jean-Claude, vieil habitué des campagnes, peste contre les militants du camp adverse : “Ils arrachent, ils arrachent !” On en viendrait presque à le plaindre. Tant d’énergie dépensée à coller des affiches que personne ou presque n’aura eu le temps de lire… Jusqu’à ce qu’arrive sa femme, d’environ soixante-dix ans : “Je me suis pris les pieds dans je ne sais quoi. Je me suis rattrapée à ce que je pouvais… pas de chance, c’était une affiche de Vanneste !” Et d’ajouter, avec un sourire en coin :“J’ai les chevilles fragiles, ce n’est pas de ma faute.”

Les affiches ont une durée de vie très courte. “En moyenne, sur un collage de quatre heures, on colle entre 200 et 300 affiches, raconte Nicolas, militant UMP à Lille, et les affiches tiennent en moyenne cinq, six heures” avant d’être recouvertes ou arrachées. Tout ça pour ça…

Le meilleur moment pour coller ? “Juste après le collage des autres partis !”, ironise Pascal, jeune militant socialiste.
Les avis divergent : Nicolas, opte pour le matin, “vers 7 ou 8 heures” ; Pascal, lui, préfère coller la nuit. “On colle entre 20 heures et minuit. Les gens voient ça pendant douze ou quinze heures, et après tant pis.”

Ce n’est pas si grave, en fait. Depuis environ dix ans, la manière de mener une campagne a évolué. “L’affichage marque notre présence sur le terrain, notre force militante. Mais en soi, la part des panneaux n’est plus un moyen de communication de campagne. Il y a beaucoup plus de visuel sur Internet” indique Nicolas. “C’est une ambiance avant tout, on est entre potes. Il s’agit de faire d’un truc chiant, un truc agréable.”

Coller, arracher, recouvrir… Nicolas admet : “C’est la foire d’empoigne ! Mais si ça l’était pas, ce serait pas une campagne ! C’est un jeu…” Selon Nicolas, la situation pourrait être pire. Il fut un temps où les militants mélangeaient “du micro-verre pilé dans la colle”

Anne Cantener

L’affichage est soumis aux règles de la campagne officielle : les colleurs d’affiches ont pu commencer leur travail lundi 25 février. Ils devront s’interrompre toute la journée de dimanche. Les militants pourront quand même remplacer les affiches détruites sur les panneaux officiels. La campagne d’affichage reprendra alors jusqu’au samedi suivant, minuit.


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Hénin-Beaumont - Laurent Bocquet (UMP) joue les sauveurs

Laurent Bocquet est le deuxième candidat à arriver sur le marché d’Hénin-Beaumont, après Gérard Duquenne. Tracts sous le bras, sourire aux lèvres, il serre des mains, salue à droite à gauche. Traditionnelle visite de marché pour le candidat aux municipales.


À 36 ans, le candidat UMP est un débutant en politique. Chef d’entreprise, il a décidé de se lancer, pour combattre "le risque représenté par le Front National et l’entêtement à gérer maladroitement les intérêts des Héninois" qui l’ont mis hors de lui.

Optimisme à toute épreuve
À une semaine du scrutin, son parti n’est crédité que de 9% des votes (sondage IFOP). Mais cela ne semble pas l’inquiéter. "Les sondages ? Une vaste plaisanterie !" ironise le candidat héninois, confiant. "Vous verrez, nous allons créer une belle surprise, nous serons présents au second tour", affirme-t-il. Laurent Bocquet s’y voit déjà et dit qu’il ouvrira sa liste à "quiconque veut faire avancer Hénin-Beaumont". Toutes couleurs politiques confondues, sauf le FN bien sûr.

En dehors d’Hénin-Beaumont, rares sont ceux qui ont déjà entendu parler de Laurent Bocquet. Les médias nationaux se focalisent sur la bataille FN/PS. Malgré sa déception (voir vidéo ci-dessous) , Laurent Bocquet est beau joueur.
"Les journalistes font leur travail, c’est normal qu’ils parlent de Marine Le Pen. Et puis à Hénin, on me connaît, c’est ça qui compte."



Le jeune chef d’entreprise reste malgré tout optimiste. Il espère être l’alternative au "vote de rejet et de désespoir" que représente le vote en faveur du Front National. "Je pense que le FN fait peur à Hénin-Beaumont. Il ne passera pas, même si Dalongeville a fait tellement de dégâts à Hénin que les gens sont en colère." Les 85% de hausse des impôts locaux en 2004 ne jouent sans doute pas en faveur du maire sortant.

Pour Laurent Bocquet, les 42% totalisés par Marine Le Pen aux législatives n’étaient qu’une manifestation du "rejet de la politique locale de Dalongeville" et non un véritable soutien au FN. Avec "35 personnes jeunes et propres" sur sa liste, l’UMP compte "amener un bol d’air dans la vie locale."

Les candidats et leurs "nounous"
Mais dès qu’il s’agit de parler de son programme, Laurent Bocquet manque de propositions concrètes. Il est bien plus bavard lorsqu’il s’agit de critiquer ses concurrents. "Steeve Briois se défile devant les caméras et se cache dans les jupes de sa nounou, Marine. Son programme ne s’élève pas plus haut que le contenu d’une poubelle." Comme beaucoup, Laurent Bocquet n’apprécie pas le parachutage de la fille du président du Front National. "Les Héninois ne connaissent pas Marine. Ils savent bien qu’elle n’est là que par intérêt. D’ailleurs, elle ne vient au marché que lorsqu’il y a des caméras."

Et de critiquer le maire sortant. "Cela fait sept ans que les intérêts d’Hénin-Beaumont sont mis de côté par le maire." Laurent Bocquet sourit : "Dalongeville aussi il a sa nounou": Marie-Noëlle Lienemann, ancienne ministre socialiste et deuxième de la liste socialiste. Ni l’un ni l’autre ne sont encore au marché "Il fait sans doute trop froid ! On ne l’a croisé ici que deux ou trois fois depuis le début de la campagne."

Mais lorsque Gérard Dalongeville arrive au marché, peu avant la fermeture, il répond « Moi je viens ici en tant qu’Héninois, pour faire mes courses. Pas pour tracter. »

Diane Desobeau

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Lille - Le Pen en résistance

Venu soutenir le candidat FN aux municipales de Lille, Eric Dillies, Jean-Marie Le Pen a fait un discours de 45 minutes lors d’une conférence de presse ce mardi 4 mars dans un grand hôtel lillois.
Morceaux choisis.
Jean-Marie Le Pen réagit aux déclarations de Sophie Marceau qui n’a pas voulu venir présenter son film sur la résistance à un journal télévisé en même temps que lui.


Jean-Marie Le Pen souligne le talent du président de la République qui lui a volé ses électeurs à la dernière présidentielle, le "petit magicien", qui agit sans arrêt "avec sa baguette magique".

Il reconnaît à Nicolas Sarkozy un "talent indéniable", notamment pour manier le drapeau bleu blanc rouge.



Jean-Marie Le Pen en vient à un autre de ses thèmes chéris : l’Europe.
Il regrette que 80% des décisions soient prises à Bruxelles.



Enfin, il fustige l’immigration dans la région notamment… avec outrance et des raccourcis hasardeux.

Lucie Romano


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mardi 4 mars 2008

Hénin-Beaumont - "Cette fois-ci, elle peut passer"

Municipales ou non, eux sont là toutes les semaines. Les commerçants du marché d’Hénin-Beaumont ne savent plus que penser de l’issue du scrutin local. Comme le reste de la population, ils sont gagnés
"La dernière fois, c’était juste ; cette fois-ci, elle peut passer." Une phrase répétée tout au long de la matinée à chaque coin du marché. "Elle", c’est Marine Le Pen.


Les commerçants disent pourtant ne pas souhaiter une victoire du Front national. Plongée dans ses pelotes de laine multicolores, Marie-Henriette penche plutôt pour le maire socialiste sortant: "Dalongeville a fait beaucoup de choses pour nous. Il a remis le marché dans le centre, alors que Le Pen, elle, parle de construire un kiosque sur la place principale. On sait que ça va faire sauter des commerçants…" Elle aimerait voir Gérard Dalongeville réélu mais n’y croit pas… Sa fille, Nathalie non plus. Tour à tour, elles misent sur Daniel Duquenne (liste dissidente de gauche) puis voient "Marine" gagnante.


"Marine", "Marine". Interrogés sur le vote frontiste, les commerçants héninois ne parlent que de "Marine". Ne savent-ils pas que c’est Steeve Briois la tête de liste? Bien sûr que si. "Mais c’est elle qu’on voit", explique Christelle Caboche, qui est là toutes les semaines pour vendre son poisson.

La surmédiatisation de la candidature de la fille du leader du Front national à Hénin-Beaumont a fait son effet. Chacun pronostique une victoire de la candidate frontiste sans la souhaiter. Néanmoins, un sondage paru sur le site du Nouvel Obs le 25 février condamne la liste FN à une défaite au second tour... Confusion générale à l'approche du premier tour donc.

Les commerçants, baromètres du moral des habitants, constatent un malaise qui pourrait expliquer un vote FN. "Il y a un ras le bol général", concède Christelle Caboche. "Les gens en ont marre et quel que soit le maire, ils ne croient plus que ça fera une différence." Le "tous pourris" a, hélas, encore de beaux jours devant lui à Hénin-Beaumont. Mehdi vient chaque semaine d'Annoeullin pour vendre des chaussures et observe l'évolution des esprits. "A force, les gens ici croient qu'avec Marine Le Pen, ça va faire du changement."

Amélie Tulet

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Lille - Eric Dillies, un candidat FN presque inconnu et bien entouré

Jean-Marie Le Pen est venu soutenir Eric Dillies, le candidat frontiste aux municipales de Lille, lors d’une conférence de presse mardi 4 mars dans un grand hôtel du centre de Lille. Steeve Briois et Marine Le Pen, candidats aux municipales d’Hénin-Beaumont et Guy Cannie, actuel conseiller municipal et candidat à Roubaix, avaient aussi fait le déplacement.

Eric Dillies est assis entre les Le Pen père et fille. Il n’est pas encore rompu à l’exercice des caméras. L’homme enseigne les mathématiques dans un établissement scolaire privé. Quand Jean-Marie Le Pen lui a demandé de se présenter, mi-janvier, pour remplacer Philippe Bernard, soupçonné dans des affaires de justice et suspendu du parti, il n’a pas pu refuser. C’est la "renaissance du Front national" qui lui a donné confiance pour se lancer dans la bataille des municipales. Ce n’était pas gagné : il est presque méconnu du public. D’ailleurs, d’après lui, c’est parce qu’il est un anonyme pour beaucoup de Lillois que ni son nom ni son visage ne figurent sur son affiche de campagne.

Différents sondages créditent Eric Dillies de 5 à 8% des suffrages exprimés au premier tour des municipales à Lille. En 2001, le précédent candidat FN, Philippe Bernard, avait obtenu 11% des voix. Si Lille n’a aucune chance de voir l’élection d’un candidat frontiste, les personnalités locales et nationales, en soutenant ce candidat, veulent faire en sorte que le FN obtienne un score au moins équivalent.


"La mondialisation et l’immigration ne sont pas une chance pour la France."
Eric Dillies évoque très rapidement l’immigration et la mondialisation. Il ne dévoile pas son programme pour autant. Ce qui compte aujourd’hui, c’est d’accueillir Marine Le Pen (pour la deuxième fois en une semaine), son père, et deux candidats locaux bien placés dans les sondages.

Lucie Romano

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Tourcoing - Des commerçants tourquennois en attente

Le centre-ville de Tourcoing est plutôt calme en ce mardi midi. Trop calme ? C’est en tout cas la critique que font beaucoup de commerçants de la ville. Des travaux contraignants, des décisions prises sans concertation, une accessibilité limitée, les plaintes sont nombreuses. Olivier, restaurateur, place d’emblée les problèmes de circulation et de stationnement comme enjeux des municipales. Il stigmatise la suppression du parking de la place Charles et Albert Roussel. "Ils prévoient un nouveau parking pour 2010, mais comment on va faire pendant deux ans ?"

"Ils", ce sont les équipes du maire sortant, Jean-Pierre Balduyck. Vivant dans la ZUP de La Bourgogne, on lui a souvent reproché d’oublier un centre-ville aujourd’hui en chantier. Selon ce couple d’artisans proches de la retraite, "la situation est inquiétante pour les jeunes, ils vont devoir fermer boutique". Notamment critiquée, la mise en sens unique de la rue de Lille, qui "oblige à faire un gros détour pour entrer en centre-ville."

Si l’identité du vainqueur ne sera dévoilé que le 16 mars, les Tourquennois savent déjà que ce ne sera pas Jean-Pierre Balduyck, puisqu’il passe le flambeau à son premier adjoint, Michel-François Delannoy.
"Ça ne changera rien", selon Alexandra Mareel. Commerçante dans le vestimentaire, elle est surtout en sixième position sur la liste de Christian Vanneste. Maniant l’image avec habileté, elle évoque "cette carte postale dans sa chambre, représentant la ville il y a un siècle. Depuis cette représentation en noir et blanc, rien n’a changé !", affirme-t-elle. Comme le couple d’artisans avant elle, Alexandra Mareel compare sa ville à Lille, Roubaix "ou encore Wambrechies, qui se sont développés de manière exemplaire. A Tourcoing, il n’y a pas d’investissements sur le centre-ville." Lorsqu’on lui demande ce que la venue de Christian Vanneste changera, elle reste toutefois assez imprécise, et met surtout en avant la concertation. "M. Balduyck ne vient jamais nous voir. L’équipe actuelle a même fermé des rues du centre le jour des soldes."

Joseph Bancaud


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Lille - La brigade propreté, enjeu de campagne

Le PS, les Verts et le Modem tiennent particulièrement à cœur la propreté de la ville. Ils veulent tous renforcer le travail de la "brigade propreté", créée en 2007 afin de lutter contre les incivilités qui minent la propreté de Lille. Depuis septembre dernier, les dix agents qui la composent sillonnent les rues pour sensibiliser et aussi verbaliser les contrevenants.

Les agents de la brigade semblent impuissants face à la saleté des Lillois. A Moulins, où des dizaines de dépôts sauvages s’accumulent dès le lendemain du ramassage des poubelles, Hervé et Cédric doivent mener un interminable travail d’investigation.

Les rues d’Arras et Courmont, la place Déliot, la rue de Trévise ressemblent à des déchetteries à ciel ouvert. On y voit des sacs noirs en plastique au pied des feux tricolores, des objets encombrants (boîtes en carton, meubles, tapis…), des sacs non conformes devant la porte des habitations. Hervé prend des photos, note l’adresse des responsables probables, catalogue chaque dépôt sauvage. Et après ? "Après, on va vérifier si la personne a déjà été informée, puis on décidera si on envoie un avertissement ou si on verbalise l’infraction." Laisser des tas de déchets autour d’un poteau, est-ce seulement lié à un manque d’information? "Nous, on doit d’abord sensibiliser les gens à la nouvelle réglementation. Mais toutes nos procédures sont enregistrées et ceux qui avaient été déjà avertis devront payer la contravention."

Au moins 600 verbalisations ont été déjà effectuées, pourtant le travail de sensibilisation prévaut encore sur la verbalisation. Néanmoins, 10 personnes ne semblent pas assez nombreuses pour changer les mauvaises habitudes des Lillois. Dépôts sauvages, déjections canines, contrôle des différents intervenants sur la propreté (Esterra, Nicollin)... occasionnent un travail énorme qui nécessite davantage de moyens (photo).

Ainsi, la liste de Martine Aubry promet dans son programme le "renforcement de la brigade propreté pour mieux contrôler et verbaliser". Les Verts appellent au "respect des règles par une verbalisation systématique". Mais la proposition la plus radicale arrive du MoDem de Jacques Richir: "Une véritable police municipale de l’environnement".
Le temps de faire respecter la propreté de Lille est-il finalement arrivé?

Nicola Accardo

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Campagne - Les p’tits (et les grands) derniers

Sur les listes aux élections municipales chaque candidat compte. Mais qu’est ce qui motive le tout dernier ? Nous sommes allés prendre la température tout en bas des listes.


Se présenter à une élection avec la certitude de ne pas être élu. Ca peut paraître saugrenu, mais ça se passe dans toutes les villes de France actuellement. Selon la taille de la commune, ils sont 61è sur les listes lilloises, ou 53è à Roubaix ou Tourcoing mais ils n’en sont pas moins motivés. Jean-Marc Rehby est le dernier de liste MoDem de Jacques Richir à Lille. Pour ce médecin généraliste de 59 ans qui n’a pas sa "carte orange", "ça n’est pas parce qu’on est dernier de la liste qu’on est pas motivé." Il a accepté la proposition de la tête de liste, un ami de longue date, mais ne souhaite pas être élu. "J’ai beaucoup de responsabilités par ailleurs et je n’aurais pas le temps de m’investir sérieusement", explique-t-il.
Du côté des Verts, Benoît Guittet a participé à la campagne de 2001 en tant que simple militant. Maintenant secrétaire du groupe des Verts de Lille et directeur de campagne, il ne souhaite pas non plus être élu mais s’investit beaucoup dans ces élections. "En tant que directeur de campagne, j’ai un rôle de garant de l’animation collective", affirme-il. "J’aime participer à ce combat collectif, je ne me bats pas pour moi-même". Pour ce candidat au passé militant, faire campagne est avant tout l’aventure d’un groupe. "J’aime quand on se retrouve tous les matins au QG de campagne avec un café et des croissants pour faire un débriefing et parler du programme de la journée, ce sont de bons moments, qu’on garde en mémoire". Pour lui, la seule différence réside dans l’après élection, puisqu’il retournera à la vie quotidienne quand certains colistiers mettront un pied dans la mairie.

A Tourcoing, Jean-Pierre Balduyck, maire de la ville depuis 19 ans a choisi symboliquement de se placer en dernier sur la liste socialiste. "J’en ai beaucoup discuté avec Michel-François Delannoy : je voulais lui apporter mon soutien total, sans être un poids". Il ne se voyait mal, en tant qu’ancien maire, siéger au conseil municipal : "L’autre camp n’aurait cessé de me prendre à témoin, de faire des comparaisons permanente entre le nouveau et l’ancien maire. C’est comme dans l’église autrefois : quand un curé arrivait dans un nouveau village, on demandait à l’ancien de s’en aller pour ne pas lui faire de l’ombre". Il ne voulait pas être l’ancien maire qui participe aux réunions traîne dans les couloirs, et grommeler "c’était mieux de mon temps". A Roubaix le conseiller général Bernard Carton, 60 ans, a choisir d’être le dernier pour "laisser la place aux jeunes".

Elodie Raitière

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Roubaix - "Certains jeunes pensent que c’est le président de la République qui nomme le maire"

La lutte contre l’abstention est l’une des missions prioritaires du Conseil jeunes de Roubaix. Un enjeu crucial dans une ville où plus de 40% de la population est âgée de moins de 25 ans et où le taux d’abstention a parfois dépassé les 70% dans certains quartiers. Rencontre avec Nour-Eddine Karad, coordinateur du Conseil jeunes.


Comment fonctionne le Conseil jeunes?
Le Conseil jeunes a été crée en 1996, il fonctionne comme une sorte de mini-conseil municipal. C’est un organe de concertation et de consultation où siègent 40 jeunes de 15 à 25 ans issus des différents quartiers de la ville. Nous sommes une structure adossée à la mairie mais nous insistons bien sur le fait d’être un conseil apolitique et indépendant.

Comment sont nommés ses membres ?
Un comité de pilotage se réunit et choisit les candidats selon leur quartier d’origine, leur sexe, leur catégorie socioprofessionnelle et les projets qu’ils souhaitent mener pour la ville.

A quoi sert ce Conseil?
Nous organisons des rencontres autour de la lutte contre la discrimination, nous invitons des entrepreneurs locaux à partager leur expérience, certains jeunes sont allés en Algérie pour rénover un orphelinat. Ce sont très des projets très variés dont le fil conducteur est la pratique de la citoyenneté.

Et dans le cadre de la lutte contre l’abstention?
Dès les élections cantonales de 2004, nous avons lancé des opérations de sensibilisation. Par exemple, nous avions mis en place l’opération "vote hip-hop": un concert de hip-hop dont l’entrée était gratuite pour les jeunes ayant leur carte électorale tamponnée.

Quelles actions comptez-vous mener dans la perspective des municipales?
Nous effectuons tout un travail d’information en amont des élections. Par exemple, pour ces municipales, nous avons rencontré les lycéens et les étudiants. Nous leur avons expliqué le rôle du maire, le fonctionnement d’un conseil municipal. Nous avons par ailleurs lancé une campagne d’affichage dans la ville pour inciter les jeunes à venir voter.

Pourquoi aussi peu de jeunes viennent-ils voter?
Il y a une certaine forme d’ignorance des institutions. Certains jeunes pensent que c’est le président de la République qui nomme le maire! Certains ne veulent pas se déplacer car ils ont d’autres activités prévues le week-end. D’autres enfin pensent que voter est inutile. A nous de les convaincre.

Le Conseil jeunes a-t-il fait naître une vocation politique chez certains de ses membres?
Oui. Trois anciens membres du Conseil sont aujourd’hui présents sur les listes des différents candidats aux prochaines municipales.

Comment voyez-vous l’avenir du Conseil jeunes?
Nous commençons à être reconnus et écoutés. Grâce à nous, de plus en plus de jeunes s’intéressent à la politique. Nous souhaiterions cependant être d’avantage consultés sur les différents projets de la ville.

Propos recueillis par Olivier Cougard
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Lille - Les "anti Front" au rendez-vous

Sur la venue de Jean-Marie Le Pen à Lille mardi 4 mars, Eric Dillies, candidat local du Front national, s’est montré discret jusqu’à la fin, craignant un rassemblement anti-frontiste de grande ampleur. Au total, une cinquantaine de militants sont venus manifester leur désaccord à l’angle des rues Nationale et Jean-Roisin.


Uniformes bleu nuit contre drapeaux rouges et noirs. En fin de matinée, la police a bloqué l’accès à l’entrée de l’hotel Bellevue, rue Jean-Roisin à Lille. Objectif: assurer le bon déroulement de la conférence de presse donnée par Jean-Marie le Pen, en présence de sa fille Marine et des candidats FN de Roubaix et Hénin-Beaumont.
Sous la pluie, une cinquantaine de manifestants ont répondu à l’appel lancé à la dernière minute par la Confédération nationale du travail (CNT) et la Section carrément anti Le Pen (Scalp).





Le rassemblement a été organisé dans l’urgence. Mais pour ceux qui sont là, comme Alexandre, étudiant en cinéma et sympathisant anarchiste, la présence du leader du Front national est "inadmissible".
Avant de prendre la parole devant les journalistes, Marine Le Pen ironise. Elle espérait un comité d’accueil plus conséquent: "avoir une forte mobilisation ça ne me dérange pas!"


Capuches remontées et foulards palestiniens autour du cou, sur le pavé, une dizaine de syndicalistes de la CNT, des étudiants, des sympathisants anarchistes ou simplement des opposants aux idées frontistes.
Par intermittence, ils scandent leur désaccord avec les positions du parti de Jean-Marie Le Pen. Tenus à distance par la police, ils ne verront même pas l’arrivée de l’homme qu’ils attendent.



Pour Clément, étudiant en histoire et syndiqué à la CNT depuis deux ans, "le but c’est que les gens se posent des questions." Mais le message ne passe pas à tous les coups. Un quidam lance, goguenard, à la poignée de militants: "vous vous attaquez à de ces trucs… au moins à la SPA, ils s’occupent des chiens et des chats!"

Hélaï Hosseini (texte) et Maryline Gandekpinzoun (son)

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Qu’est-ce que la LMCU ?

Depuis sa création en 1966, la communauté urbaine de Lille a toujours été à gauche. Mais la répartition des conseillers communautaires est basée sur un équilibre fragile. La LMCU (Lille Métropole communauté urbaine) compte 170 élus. Aujourd’hui, seuls 169 sièges sont occupés après le décès d’un élu qui n’a pas été remplacé. La gauche et ses alliés détiennent 86 sièges contre 80 pour les différents groupes de droite. Le FN compte également 3 élus. La répartition des sièges entre les communes se fait à la proportionnelle. Les plus petites communes, comme Warneton (178 habitants), sont représentées par 1 élu. Les quatre plus grosses villes sont donc bien mieux représentées : Lille compte 24 élus dans l’assemblée, Roubaix 13, Tourcoing 12 et Villeneuve d’Ascq 9. Ces quatre communes sont pour le moment à gauche. Mais cette répartition pourrait changer après le 16 mars.

Alexis Hache

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Lille - Le MoDem espère rassembler de vive voix


La salle du gymnase place Sébastopol accueillait hier la dernière grande réunion publique du MoDem. Sous l’œil de plus de 250 sympathisants, Jacques Richir a esquivé la question d’un ralliement avec le PS entre les deux tours… pour le moment.


"Osons rêver tous ensemble, osons créer à Lille un grand mouvement démocrate". Jacques Richir (photo ci-contre) lève les bras en signe de victoire sous une salve d’applaudissements. Au terme d’un meeting qui a duré deux heures et demi, le chef de file du parti centriste lillois affiche une mine confiante : "Nous serons la surprise du premier tour."


L’animateur de la réunion alerte le numéro 17 de la liste, Guillaume Opely-Gadji alors qu’il prend doucement la parole : "Attention, vous manquez de voix !" L’enseignant n’y voit pas de mauvais présage, il poursuit… "Mon engagement, c’est celui du refus des petites phrases et le désir de faire la politique autrement." Tour à tour, treize colistiers viennent expliquer pourquoi ils se son
t engagés aux côtés de Jacques Richir.


Mettre la main à la pâte
Un étudiant, une architecte, un sportif, une assistante sociale, les candidats du MoDem ne sont pas des professionnels de la politique. Jacques Richir veut y voir le symbole de leur engagement réel dans la vie de la cité. Et dans celle de son équipe. En témoigne la motivation des militants qui se retrouvent pour nettoyer la salle à la fin du meeting.

Pierre, 26 ans, fait partie des militants qui rangent les 250 chaises du Gymnase. Un geste gratuit mais pas anodin qui colle à son idée de la politique.




La politique, "pas si compliqué que cela ?" La question du ralliement au PS entre les deux tours contredit l’affirmation de Pierre.


Orange bleue ?
Si Jacques Richir refuse de se prononcer, il accepte l’écharpe bleu ciel que lui offre un militant aubryiste au pied de l’estrade.